Outre les insectes, de nombreuses espèces animales peuvent transmettre des maladies infectieuses, par morsure ou par contact. En voyage, il est toujours préférable d'éviter de toucher les animaux, en particulier ceux qui semblent malades, même si le risque de contamination est globalement faible.

Se protéger de la rage

Évitez les contacts avec les animaux domestiques et, a fortiori, avec ceux qui semblent agressifs, mais également avec les animaux sauvages qui paraissent anormalement familiers. Les bêtes enragées ne ressemblent pas forcément à l'image que nous pouvons en avoir : la bave aux lèvres et agressives. Avant d'atteindre ce stade, elles souffrent de troubles du comportement moins sévères et peuvent sembler inoffensives.

La vaccination est recommandée aux voyageurs effectuant un séjour prolongé, aventureux ou isolé dans un pays à haut risque. Si vous êtes mordu, consultez un médecin en urgence : des injections de vaccin antirabique et d'immunoglobulines seront pratiquées même si vous avez été vacciné préventivement.

Se protéger de la leptospirose

Pour éviter la leptospirose, que transmet l'eau contaminée par les urines de rongeurs, prenez des précautions lorsque vos loisirs vous amènent au contact des eaux douces (rivières, étangs, marais, sols boueux, etc.) : portez des bottes et des gants, prenez systématique une douche une fois rentré, désinfectez les éventuelles plaies. Empêchez vos enfants de jouer dans les mares et les flaques d'eau.

La vaccination contre la leptospirose est recommandée aux voyageurs adeptes des loisirs en eau douce (sports nautiques, canyoning, natation, etc.).

Se protéger de la grippe aviaire et du SRAS

Le risque de contracter la grippe aviaire ou le SRAS est extrêmement limité pour les voyageurs. En effet, il existe surtout en cas de contacts étroits, prolongés et répétés avec des animaux malades ou morts, ou avec leurs déjections.

Renseignez-vous avant de partir pour savoir si la grippe aviaire à H5N1 sévit dans votre pays de destination. Une fois sur place, évitez tout contact avec les volailles, les porcs et les animaux sauvages vivants ou morts (en milieu rural, dans les élevages, sur les marchés), leurs déchets ou les surfaces souillées par des déjections. Lavez-vous les mains régulièrement.

Si vous développez une fièvre, une toux ou une gêne respiratoire dans les dix jours qui suivent votre retour d'un pays touché par la grippe aviaire ou le SRAS, consultez un médecin rapidement.

Se protéger des fièvres hémorragiques virales

Les fièvres hémorragiques virales sont des infections qui provoquent toutes, des hémorragies souvent mortelles. La fièvre jaune, la dengue, la fièvre de la vallée du Rift et la fièvre de Crimée-Congo font partie de ces maladies, mais il en existe de nombreuses autres, moins répandues.

La fièvre Ebola et la fièvre de Marburg touchent l'homme, les singes et d'autres mammifères. Depuis leur apparition récente (en 1967 pour Marburg, en 1976 pour Ebola), ces virus voisins ont provoqué plusieurs épidémies dramatiques en Afrique équatoriale (Gabon, Soudan, Côte-d'Ivoire, République du Congo, etc.). Elles surviennent néanmoins dans des régions limitées et s'éteignent rapidement. Le risque de contamination pour le voyageur est faible, essentiellement par contact avec des personnes infectées ou avec des espèces animales qui hébergent ces virus sans en présenter les signes.

Pour éviter ces infections (et probablement de nombreuses autres), mieux vaut éviter tout contact avec des carcasses d'animaux sauvages quand on voyage, même lorsque ces animaux font partie des spécialités gastronomiques locales. Par exemple, on a récemment découvert que les chauves-souris, mets apprécié au Congo, étaient les réservoirs du virus Ebola. Restez à l'écart des étals de viande sur les marchés, en particulier dans les pays où on vend de la " viande de brousse " (il s'agit de diverses espèces sauvages, des reptiles aux grands singes).

Des fièvres hémorragiques peuvent également être provoquées par des virus de la famille des Arénavirus (fièvre de Junin en Argentine, fièvre de Machupo en Bolivie, fièvre de Guanarito et de Sabia au Venezuela, et fièvre de Lassa au Nigéria, en Guinée, au Sierra Leone et au Libéria) ou ceux de la famille des Hantavirus (fièvre de Hantaan et de Séoul en Extrême-Orient, maladie Sin Nombre dans le sud-ouest des États-Unis, et fièvre de Puumala de la Scandinavie à la Yougoslavie, voir encadré). Ces virus sont hébergés par diverses espèces de rongeurs et la contamination humaine se fait à partir de l'inhalation ou de l'ingestion de poussière ou d'aliments contaminés par les déjections de ces animaux. Ce sont essentiellement des maladies rurales. Pour les éviter, mieux vaut dormir dans des lieux régulièrement lavés et éviter de dormir à même le sol.

La fièvre de Puumala en France

De petites épidémies de fièvre de Puumala sont régulièrement observées dans le nord-est de la France : Ardennes, Lorraine, Franche-Comté, Aisne et Oise. Cette infection virale touche essentiellement le foie et se traduit par de la fièvre, des maux de tête et du ventre, des vomissements, puis des saignements du nez et des gencives, ainsi que la présence de sang dans les urines et les selles. Cette maladie guérit spontanément dans 99 % des cas.

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