Si le harcèlement n’est pas un phénomène nouveau dans les cours d’école, de collège ou de lycée, il se manifeste maintenant en ligne. Comment accompagner les jeunes dans leurs usages d’Internet et des réseaux sociaux ?

Pour prévenir le cyberharcèlement, il est indispensable d’adopter de bonnes pratiques pour naviguer en sécurité. Quelques pistes et conseils pour guider les jeunes.

De l’incivilité numérique au cyberharcèlement

Sur le web et tout particulièrement les réseaux sociaux, les incivilités et pratiques numériques inappropriées prennent de nombreuses formes : commentaires désobligeants, partage de photos sans consentement, critiques sur l’orientation sexuelle, hypersexualisation… Lorsqu’ils deviennent répétés et ciblés, ces actes tournent au harcèlement.

 

Chez les jeunes, de nouvelles pratiques de cyberharcèlement, souvent méconnues des parents, viennent encore s’ajouter au tableau :

  • Comptes « Ficha » : collecte et diffusion de contenu indésirable sur les réseaux sociaux par un auteur anonyme ;
  • Revenge porn : diffusion de contenu préjudiciable échangé à l’origine dans le cadre d’une relation amoureuse ;
  • Chantage à la webcam : demande d’argent contre menace de publication de contenu enregistré lors d’un échange privé [2].

Des programmes de prévention pour aider parents et enfants

Le Permis Internet

Lancé en 2013 par l’association AXA Prévention en partenariat avec la Gendarmerie nationale, la Police nationale et la Préfecture de police, le Permis internet sensibilise les élèves de CM2 aux bons usages d’Internet et des réseaux sociaux.

L’importance du respect de la vie privée et de l’image de soi-même ou des autres y trouve toute sa place.

 

Plus concrètement, le kit pédagogique du Permis Internet constitue un outil destiné à accompagner le corps enseignant dans cette démarche mais aussi les parents.

Il réunit des cas pratiques et des exemples du quotidien pour aider les enfants à mieux réagir face à des contenus qui peuvent par exemple choquer ou faire peur. L’ouverture du dialogue autour des questionnements des élèves reste l’un des principaux piliers du dispositif.

Des thèmes particulièrement pertinents à l’heure où les directions d’établissements, les autorités et les associations de parents d’élèves se mobilisent contre le harcèlement scolaire.

2 adolescents sur 3 déclarent d’ailleurs avoir été victimes, au moins une fois, de cyberharcèlement [1].

De nombreuses ressources à la disposition de tous

  • Un Podcast dédié : retrouvez Farid, Mélanie, Paul et Lou  « Dans la cour des grands » et découvrez comment ils ont appris à gérer une situation de cyberharcèlement.
  • Le replay de la conférence de lancement du Safer Internet day 2021 « Je protège mon enfant » réunissant les acteurs de la prévention numérique qui ont partagé les bonnes pratiques à adopter par les parents et enfants
  • Le programme Internet Sans Crainte, créé par l’association Tralalère, met à disposition des familles 35 ressources pour apprendre de manière ludique à utiliser Internet.
  • Parmi ces ressources, l’application FamiNum propose une soixantaine de conseils pour établir les bonnes pratiques numériques et permet de créer une charte numérique familiale personnalisée.

Que faire en cas de harcèlement/cyberharcèlement ?

Il est primordial d’expliquer aux jeunes que, s’ils sont confrontés aux sujets de harcèlement/cyberharcèlement, ils ne sont pas seuls et qu’il faut établir le dialogue avec un adulte de confiance (parents, ami(e)s proches, équipes pédagogiques…). Il existe également des numéros gratuits et anonymes avec des équipes qui les aideront et les prendront en charge :

 

  • Net Écoute, numéro national pour les jeunes victimes de violence numérique: 3018
  • Non au harcèlement, destiné aux élèves, parents et enseignants pour les violences dans le cadre scolaire : 3020
  • Point de Contact pour signaler tout contenu choquant via un formulaire en ligne.

Cadre légal et signalement, en faveur de la prévention

Depuis 2014, le cyberharcèlement est défini par la loi et constitue une circonstance aggravante lors d’un cas de harcèlement « classique ». En 2020, 1 723 mineurs ont été mis en cause dans des procédures pénales traitées par les services de gendarmerie [9].

 

Il est donc crucial de rappeler aux enfants que la loi régit aussi la vie sur Internet, et les bons réflexes à adopter s’ils sont victimes ou témoins de cyberharcèlement :

 

  • Alerter le plus vite possible ses parents, un adulte de confiance ou une plateforme dédiée telle que Net Ecoute : 0800 200 000 – Non au harcèlement : 3020 ou encore Point de Contact ;
  • Ne pas payer en cas de chantage ;
  • Bloquer son harceleur potentiel [10].

 

Enfin, il est important de garder en tête que son enfant peut être lui-même, sans le vouloir, acteur du cyberharcèlement, parfois à travers de simples commentaires, likes ou photos.

 

Si les écrans occupent une place grandissante dans la vie des enfants, le besoin d’accompagnement est lui aussi exponentiel pour s’assurer qu’ils seront des citoyens responsables à la ville comme sur Internet.

Sources

[1] Enquête d’opinion menée par Odoxa pour l’Institut Montaigne en octobre 2019 auprès de 5 000 personnes, échantillon représentatif de la population (enfants et adolescents âgés de 11 à 20 ans, des parents d’adolescents).

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