Les cancers du testicule sont rares et touchent essentiellement les hommes entre 20 et 35 ans. Ils bénéficient d’un taux de survie élevé grâce aux traitements actuels. L’existence d’une cryptorchidie (testicule non descendu) augmente le risque de développer ce cancer, ainsi que, probablement, l’exposition à certaines substances chimiques. Apprendre à palper ses testicules à la recherche d’une grosseur anormale est une mesure de dépistage qui doit être effectuée régulièrement. En cas de doute, une consultation médicale rapide s’impose.

Les cancers du testicule sont-ils fréquents ?

Les cancers du testicule se développent le plus souvent à partir des cellules qui produisent les spermatozoïdes. Ils sont peu fréquents. En France, 2 353 cas de cancer du testicule ont été diagnostiqués en 2017, entraînant 83 décès, ce qui en fait l’un des cancers les plus rares.

Au cours des 30 dernières années, on a constaté une augmentation de leur fréquence (+ 2,5 % par an entre 1980 et 2005) mais également d’importants progrès thérapeutiques qui ont permis de diminuer la mortalité associée à ces cancers (- 4,4 % par an sur la même période).

Quels sont les symptômes des cancers du testicule ?

Les cancers du testicule sont le plus souvent diagnostiqués à la suite de l'apparition d'une grosseur dure au toucher et le plus souvent indolore, découverte à la palpation par la personne touchée ou son médecin, et qui ne diminue pas au cours du temps.

D'autres signes peuvent se manifester comme une sensation de lourdeur dans les testicules, une gêne ou une douleur qui persistent dans le temps. Le testicule dans son ensemble peut gonfler et augmenter de volume, parfois de façon soudaine. Plus rarement, le développement d'un cancer du testicule provoque des douleurs dans le dos ou d’un côté du thorax, un amaigrissement ou des difficultés à respirer. Une masse peut aussi se faire sentir dans l’abdomen.

D'autres signes sont plus rares, par exemple une gynécomastie, c'est-à-dire l’apparition rapide de seins. Attention, la gynécomastie est fréquemment présente à l'adolescence sans être liée à un cancer du testicule.

Qui est à risque pour les cancers du testicule ?

Les cancers du testicule apparaissent le plus souvent entre les âges de 20 et 35 ans, mais il existe des cas exceptionnels chez des enfants ou des hommes plus âgés. Outre le jeune âge adulte, les facteurs de risque du cancer du testicule sont principalement la cryptorchidie (un ou les testicules ne sont pas descendus dans les bourses) ou un précédent cancer sur l'autre testicule.
Les hommes qui ont été opéré d’une cryptorchidie pendant leur enfance ne nécessitent pas de suivi particulier pour dépister un éventuel cancer du testicule. Mais si une grosseur est détectée, il est important de signaler l’antécédent de cryptorchidie à son médecin traitant.

D'autres facteurs de risque sont à l'étude mais ne sont pas encore établis scientifiquement : exposition professionnelle à des substances chimiques comme le benzène, les hydrocarbures, les pesticides, le bisphénol A, les phtalates, par exemple. La consommation de cannabis est également suspectée.

Peut-on prévenir les cancers du testicule ?

Il n’existe pas de moyen de prévenir les cancers du testicule. Mais il est important de palper régulièrement ses testicules à la recherche d’une éventuelle grosseur pour un dépistage le plus précoce possible. Pour être plus efficace, cette palpation doit se faire lorsque les bourses sont détendues, par exemple pendant ou juste après une douche ou un bain chaud. Apprenez (et enseignez à vos garçons) à faire cette palpation afin d’être familier de l’anatomie normale du testicule et de l’épididyme (la partie en forme d’entonnoir qui est au-dessus du testicule).

Comment traite-t-on les cancers du testicule ?

Le traitement des cancers du testicule repose avant tout sur l’ablation chirurgicale du testicule atteint (qui sera ensuite éventuellement remplacé par une prothèse), voire des tissus à proximité vers lesquels la tumeur aurait pu se propager.

Cette ablation est le plus souvent suivie d’un traitement complémentaire à base de chimiothérapie et/ou de radiothérapie, selon les particularités de chaque cancer.

Parce que ces traitements chimiothérapeutiques ou radiothérapeutiques peuvent réduire la fertilité du testicule préservé, les patients atteints de cancers du testicule sont invités à conserver des échantillons de leur sperme auprès d'un établissement public dédié, les CECOS (Centres d'étude et de conservation des œufs et du sperme humains), avant le traitement du cancer. Ces effets négatifs des traitements sur la fertilité ne sont ni systématiques, ni forcément définitifs, mais ils imposent de prendre des précautions pour préserver la possibilité d'une paternité après le cancer.

Dans certains cas, une surveillance active peut être mise en place après l'ablation du testicule, sans traitement complémentaire.

Sources

« Cancer du testicule », Institut national du cancer, 2014

« Cancer du testicule », Centre Lyon Bérard, Lyon (sur l’influence de l’environnement sur le risque de cancers du testicule), 2014

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