En 2005, une campagne publicitaire menée en Angleterre annonçait le Blue Monday. Depuis, le 3e lundi de janvier est désigné à raison ou à tort comme le « jour le plus déprimant de l’année ». Quoi qu’on puisse en penser, il cristallise un certain nombre d’arguments justifiant l’humeur souvent morose après les fêtes. Décryptage…

Coup de com’ ou ressenti, le Blue Monday s’invite chaque année sur les réseaux sociaux et y rencontre un véritable succès. Quelle que soit la pertinence du concept, cette journée mondiale est l’occasion de revenir sur les symptômes des coups de déprime saisonniers, afin d’en prévenir les effets sur soi ou sur nos proches.      

Quelques chiffres

  • L’intérêt des Français pour ce « phénomène » a été multiplié par 10 entre 2013 et 2020 [1] ;
  • Près de 600 000 publications sont associées au #bluemonday sur Instagram ;
  • Les femmes sont 4 fois plus concernées que les hommes par les « coups de déprime » ou les épisodes de dépression saisonniers [2].

À l’origine du Blue Monday, une campagne publicitaire et une formule « mathématique »

Il y a une quinzaine d’années, la chaine de télévision Sky Travel, dédiée au voyage, mise sur l’effet anti-déprime des vacances pour redonner le sourire à ses audiences. Elle publie alors, en partenariat avec le Dr Cliff Arnal (un temps rattaché à l’Université de Cardiff) un "savant" calcul - totalement fictif - justifiant du fait que le 3e lundi de janvier est le plus morose de l’année.

Les données de l’équation : début de semaine, fin de mois difficile, manque de lumière, période post-fêtes et bonnes résolutions pas toujours faciles à tenir.

Et ça marche. D’autres marques et enseignes s’emparent de cet argumentaire pour mettre en avant des produits et services cocoonings destinés à permettre à tous de mieux traverser cette période difficile.

Blue Monday, « coups de déprime » saisonniers et manque de luminosité

Précisons que ce phénomène ne correspond pas à l’épisode dépressif saisonnier, caractérisé comme une forme de dépression à part entière selon les autorités de santé [2].  

Sur le sujet du coup de déprime hivernal, les spécialistes s’accordent à associer certains symptômes (tendance à la suralimentation, léthargie et humeur dépressive) à un manque de lumière naturelle [3].

Prendre le contrepied du jour le plus déprimant de l’année !

La baisse de luminosité a l’avantage de pouvoir s’anticiper, tout comme les dépenses et la fatigue accumulées pendant la période des fêtes. Le mot d’ordre de votre début d’année ? Vous ménager !

  • Prévoyez dès l’automne quelques moments pour vous, sans surcharger votre agenda de janvier, et en fonction de votre budget ;
  • Aménagez votre pièce à vivre comme un véritable cocon que vous aurez plaisir à investir jusqu’au retour des beaux jours ;
  • En fonction de vos centres d’intérêt, élaborez une liste de livres, de films, de podcasts ou de recettes pour prendre le temps d’apprécier votre mois de janvier.

Activité physique et déconnexion : 2 alliés face au Blue Monday

La pratique d’une activité physique, quelle que soit son intensité, contribue à votre bien-être. Favoriser les déplacements à pied, aller nager, s’inscrire à un cours de danse, à une séance de foot ou encore s’essayer au yoga sont des remèdes au blues hivernal.

Par ailleurs, se réfugier derrière ses écrans n’est pas une solution pour contrer le manque de luminosité. À l’inverse, passer davantage de temps en extérieur pendant la journée ou contacter des proches pour des moments partagés vous aide à limiter l’hyperconnexion et à favoriser votre épanouissement pendant la période hivernale.  

[1] Données Google Trends 

[2] https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/guide-8.pdf, p.15

[3] https://www.cochrane.org/fr/CD011270/les-psychotherapies-pour-la-prevention-de-la-depression-hivernale

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