Après le transport et l’alimentation, le logement constitue une source d’émissions de gaz à effet de serre importante, pour les ménages.

La lutte contre le réchauffement climatique passe par… chez soi ! La raison à cela est souvent le mode de chauffage. Pourtant, il est possible de faire bouger les lignes, et de nombreuses solutions existent pour réduire efficacement notre empreinte carbone au sein de notre logement. Explications...

Le logement, un des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre

Le logement est le troisième poste d’émissions de gaz à effet de serre (GES) des Français. Sur la moyenne des 10 tonnes équivalent CO2 émises chaque année par personne, 2,2 tonnes sont liées à l’habitation, juste derrière les transports et l’alimentation (2,8 t chacun).

 

Dans la maison, près de 60% des émissions de GES sont liées au chauffage issu  d’énergies fossiles (gaz, fuel) et à la consommation d’électricité [1]. Pour un foyer équipé d’une chaudière à gaz, par exemple, la consommation peut représenter jusqu’à  3 tonnes équivalent CO2 pour 5 mois de chauffage [voir le site : monconvertisseurco2.fr.]

 

Une grande partie de l’empreinte carbone du logement est également liée à l’activité de construction [2]. En cause dans cette pollution :

  • la fabrication et l’importation des matériaux,
  • les émissions polluantes des chantiers de construction,
  • la consommation énergétique nécessaire,
  • les nombreux déchets générés.

La rénovation énergétique, un enjeu majeur pour lutter contre le réchauffement climatique

En France, d’après le tableau de bord 2020 de l’ONPE*, près de 3,5 millions de ménages sont en situation de précarité énergétique. En 2019, 14% de Français ont déclaré avoir souffert du froid dans leur logement. Et pour 4 familles sur 10, une mauvaise isolation thermique est en cause [3].

 

Seulement 5% des résidences principales des Français affichent de bonnes performances en matière de consommation d’énergie. Les travaux de rénovation énergétique apparaissent donc comme un enjeu majeur dans la réduction de l’empreinte carbone.

 

Bien isoler son logement permet de faire baisser la facture d’énergie tout en préservant l’environnement. Des aides financières proposées par l’État existent pour accompagner les ménages dans la rénovation de leur habitation. Cela passe notamment par le remplacement des fenêtres, l’installation d’un mode de chauffage utilisant des énergies renouvelables, ou encore l’isolation des combles.

 

Dans une maison mal isolée, les sources de perte de chaleur sont multiples, à savoir :

  • le toit (entre 25 et 30% des pertes de chaleur) ;
  • le conduit de la cheminée (entre 20 et 25%) ;
  • les murs (entre 20 et 25% également) ;
  • les fenêtres (entre 10 et 15%) ;
  • les ruptures dans l’isolation, appelées ponts thermiques (entre 5 et 10%) ;
  • les planchers bas (entre 7 et 10%).

Bon à savoir

La nouvelle réglementation environnementale RE2020 des bâtiments entre en application au 1er janvier 2022. Elle comprend des objectifs drastiques de consommation énergétique pour les logements neufs et prend en compte pour la première fois l’empreinte carbone liée à la construction des bâtiments.

Alors comment réduire efficacement l’empreinte carbone de son logement ?

On le sait : au quotidien, chacun peut agir à son niveau pour lutter contre le réchauffement climatique. Alimentation [lien], transport [lien], consommation [lien]… Les gestes à impact peuvent concerner de nombreux aspects de nos vies, et le logement ne fait pas exception...

Trois grands axes d’action peuvent être identifiés :

1. Privilégier la rénovation à la construction est un geste qui a un véritable impact. Comme indiqué ci-dessus, le secteur du BTP fait partie des plus gros émetteurs de GES dans le monde : par rapport à la rénovation, la construction de logements neufs nécessite 40 fois plus de matériaux et aggrave l’artificialisation des sols, ce qui est nocif pour le climat et la biodiversité.

 

2. Opter pour un système de chauffage plus respectueux de l’environnement en remplaçant sa chaudière à gaz ou au fuel. De nombreuses possibilités s’offrent à vous, parmi elles :

  • la pompe à chaleur,
  • le solaire thermique,
  • la biomasse (poêle à granulés…),
  • la géothermie,
  • le raccordement à un réseau de chaleur en fonction de votre lieu d’habitation…

Des aides de l’État sont possibles : renseignez-vous sur le site du Ministère de la transition écologique.

 

 

3. En période hivernale : programmer notre thermostat sur 19°C dans les pièces à vivre et 17°C dans les chambres.

Ces températures recommandées par l’ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie) permettent de faire baisser sa consommation de 7% à chaque degré en moins. Pour rester au chaud, mieux vaut se couvrir et fermer volets et rideaux le soir que de surchauffer son logement…

En été, un autre problème se pose avec les périodes de canicule dont la fréquence augmente en lien avec le réchauffement climatique. L’idéal est de ne pas se laisser tenter par l’installation d’un climatiseur, très gourmand en énergie.

Pour ceux qui ont un extérieur (balcon, terrasse, jardin…), on dit qu’un arbre refroidit autant que dix climatiseurs. Une végétation bien pensée aide à conserver de la fraîcheur. De plus, cela permet aussi d’accueillir les pollinisateurs : une excellente décision pour favoriser la biodiversité.

 

Pour multiplier les gestes à impact et aller plus loin dans la réduction de votre empreinte carbone, téléchargez ici le Guide Climat édité par AXA Prévention. Vous y trouverez des infos utiles et des conseils pratiques pour mieux comprendre les enjeux environnementaux et passer à l’action !

*Observatoire national de la précarité énergétique.

Sources

[1] https://ree.developpement-durable.gouv.fr/themes/defis-environnementaux/changement-climatique/empreinte-carbone/article/l-empreinte-carbone-de-la-france

[2] https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/11/03/le-batiment-a-l-epreuve-du-bilan-carbone_6017884_3234.html

[3] https://onpe.org/sites/default/files/onpe_tableau-de-bord-de-la-precarite-energetique_2020_s2.pdf

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