L'épilepsie est la maladie neurologique chronique la plus fréquente après la migraine.

Elle touche plus de 40 millions de personnes à travers le monde, plus fréquemment des enfants et des personnes âgées. Il existe de très nombreuses formes d’épilepsie qui ne se traduisent pas toutes par une perte de connaissance.

Qu’est-ce que l’épilepsie ?

L'épilepsie est une maladie neurologique chronique définie par la répétition spontanée de crises. Celles-ci sont provoquées par l'hyperactivité extrême d'un groupe de neurones (cellules nerveuses) dans le cerveau. Ces crises soudaines sont le plus souvent de courte durée, et leurs manifestations ne sont pas toujours celles qui viennent spontanément à l'esprit lorsqu'on évoque cette maladie.

Il n'est pas rare que ce type de crise survienne une seule fois chez une personne et ne se reproduise jamais. Dans ce cas, la personne ne souffre pas d’épilepsie.

Une affection répandue

En France, on estime à environ 450 000 le nombre de personnes épileptiques (soit dix fois moins que les 4 millions de personnes souffrant de migraines). À travers le monde, près de 40 millions de patients en souffrent, avec une légère prédominance masculine.

L'épilepsie peut débuter à n’importe quel âge. Elle apparaît cependant plus fréquemment aux périodes extrêmes de la vie, chez l'enfant et chez les personnes âgées. Plus de la moitié des épilepsies commencent ainsi pendant l'enfance : chaque année, environ 4 000 nouveaux cas sont diagnostiqués en France.

Des épilepsies partielles sans perte de connaissance

Les crises d'épilepsie sont dites « partielles » lorsque l'hyperactivité électrique ne touche qu'une zone localisée du cerveau, sans s'étendre. Dans ce cas, la personne reste consciente et ressent des hallucinations (tous les sens peuvent être touchés), des gestes répétitifs et sans raison d'être ou des bouffées d'émotion inattendues, par exemple.

Des épilepsies généralisées avec des absences

On parle de crises d'épilepsie « généralisées » lorsque l'hyperactivité électrique s'étend de sa zone d'origine à l'ensemble du cerveau. Certaines personnes épileptiques ressentent des symptômes annonciateurs, c’est le phénomène d'« aura ».

Ces crises se traduisent par exemple par des absences, une perte de connaissance, des secousses musculaires brusques et répétées, des convulsions, voire une perte soudaine de tonus musculaire. Les crises tonico-cloniques, ou « grand mal », sont celles auxquelles on pense à l’évocation de l’épilepsie. Elles ne sont pas présentes chez tous les patients.

Des causes nombreuses et distinctes

Les épilepsies peuvent être regroupées en trois familles :

  • Les épilepsies « idiopathiques », sans cause identifiable pour en expliquer l'origine, sont transmises de façon héréditaire et représenteraient environ 10 à 15 % des épilepsies
  • Les épilepsies « symptomatiques » sont le symptôme d'une cause identifiable : une maladie ou un accident qui a entraîné des lésions du cerveau. Certaines lésions sont présentes dès la naissance. Elles peuvent être génétiques ou acquises durant la grossesse ou l’accouchement.
  • Les épilepsies « cryptogéniques » dont la cause reste inconnue, mais où l'on suspecte des lésions qui ne peuvent pas être mises en évidence malgré les moyens médicaux actuels. Ce type d'épilepsie représenterait 60 % des cas.

Une guérison spontanée est possible

De nombreuses formes d'épilepsie évoluent vers une guérison spontanée au bout d'un temps variable (souvent plusieurs années). C'est le cas pour environ 60 % des patients dont les crises sont bien contrôlées par les médicaments antiépileptiques. Les crises disparaissent, et il est possible d'arrêter définitivement le traitement, de façon progressive et sous surveillance médicale, sans risque de récidive.

Plus de la moitié des enfants épileptiques guérissent complètement avant d'atteindre l'âge adulte, en raison de la maturation de leur système nerveux.

Lire la suite