Endormissement difficile, insomnies ou réveils nocturnes… Les troubles du sommeil peuvent être en lien direct avec l’activité professionnelle. À terme, ils peuvent s’accompagner de problèmes de concentration et être source de mal-être.

La proportion de Français concernée est importante : près de la moitié des 18-75 ans interrogés dans le cadre d’une enquête menée par Santé Publique France déclarent connaitre des problèmes de sommeil. Il s’agit à 56,4% de femmes. Si le nombre de personnes souffrant d’insomnie a tendance à baisser depuis l’an 2000, il représente toujours près de 14% des Français (contre plus de 19% il y a 20 ans) [*].

Le saviez-vous ?

En France, 1 salarié sur 4 travaille en horaires atypiques [1]. En opposition totale avec nos rythmes biologiques, le travail de nuit ou en horaires décalés a un impact sur les cycles et la qualité de notre sommeil. Des insomnies peuvent également apparaître lorsque l’activité professionnelle est source de stress.

Dirigeants d’entreprise ou salariés concernés par des horaires de travail spécifiques : avoir conscience des risques associés, c’est déjà œuvrer en faveur des équipes concernées. Explications…

Troubles du sommeil : quand les rythmes du travail sont incompatibles avec le rythme biologique

Ce que nous appelons rythme biologique — ou rythme circadien — correspond à un cycle de 24 h comprenant 1 jour et 1 nuit. Durant ce cycle, nous alternons veille et sommeil, avec un état de vigilance qui se modifie au fil des heures, en lien direct avec la lumière du soleil.

 

Lorsqu’une personne travaille de nuit, ou en horaires décalés, son horloge biologique est désynchronisée. Elle doit s’adapter en permanence aux nouvelles données.

 

Son organisme fait face à des signaux contradictoires émis par l’environnement, notamment au niveau de la luminosité. Des troubles du sommeil peuvent alors apparaître.

Travail en décalé : une dette de sommeil conséquente

On estime que le temps passé à dormir par une personne travaillant en horaires atypiques est diminué d’1 heure, tous les jours [2] par rapport au temps de sommeil moyen.

Soit l’équivalent :

  • d’une nuit en moins par semaine,
  • d’une cinquantaine de nuits par an…

Stress professionnel : des répercutions sur la qualité du sommeil

Vous êtes peut-être directement concerné : 54 % des salariés et 66 % des managers « subissent un stress régulier » dans le cadre professionnel [3]. Ces chiffres font de cette problématique l’un des principaux risques pour la santé au travail, car le stress a des effets bien réels sur votre organisme.

 

Surcharge de tâches à réaliser, pression, conflits avec des collègues, des supérieurs ou des clients… Ces situations de stress peuvent engendrer des insomnies, des réveils nocturnes ou encore repousser le moment de l’endormissement.

 

Résultat ? Des nuits écourtées, et un manque de sommeil qui peut s’installer dans la durée.

Bon à savoir

Selon la Fondation nationale du sommeil, un adulte de moins de 65 ans doit dormir entre 7 et 9 heures par nuit.

Baisse de productivité et de vigilance, difficultés de concentration : les effets secondaires des troubles du sommeil

Le manque de sommeil peut, à court et à long terme, être à l’origine de symptômes émotionnels, physiques et intellectuels, avec un certain nombre de risques associés :

 

  • Une diminution de la concentration et de la vigilance, avec un risque accru d’accidents de travail ou de la route ;
  • Un affaiblissement du système immunitaire ;
  • Une fatigue physique, entraînant parfois des chutes ;
  • Une sensation de faim amplifiée, pour « recharger les batteries », et pouvant entraîner un surpoids ;
  • Des troubles de l’humeur, avec des conséquences sur la vie sociale ;
  • Une perturbation du métabolisme, avec le risque de développer certaines maladies, (à l’instar du diabète, des pathologies vasculaires, etc.).

Retrouver une bonne qualité de sommeil : les éléments indispensables à un repos récupérateur

En cas de travail en horaires décalés, il est essentiel de recréer une nuit artificielle dans la pièce où l’on dort. Dans votre check-list, ou celle de vos proches concernés :

 

  • Des rideaux occultants ;
  • Un masque pour les yeux ;
  • Des bouchons d’oreilles…

 

Gardez également en tête que les consommations d’alcool, de café, de thé ou de tabac ont tendance à augmenter en cas de stress ou de fatigue. Il s’agit d’un véritable cercle vicieux, puisque ces substances affectent la qualité du sommeil. Les réduire, voire les éliminer, permet de retrouver des nuits plus récupératrices.

 

Couper les écrans au moins une heure avant le moment du coucher, et privilégier une alimentation saine est particulièrement conseillé.

 

Quelques séances de sport par semaine et des moments de relaxation ou de méditation peuvent significativement changer la donne, en réduisant le niveau de stress global et en améliorant la qualité du repos qui s’ensuit.

Troubles du sommeil : quand et qui consulter ?

Si vos insomnies, vos difficultés d’endormissement ou vos réveils nocturnes durent depuis plus de 3 semaines consécutives, il est conseillé de solliciter l’aide d’un spécialiste.

 

Votre médecin généraliste est le plus à même de vous orienter vers la personne adaptée. Après un examen préliminaire, vous pourrez au besoin prendre rendez-vous avec un psychologue ou un psychiatre, ou encore auprès d’un thérapeute spécialisé. De nombreuses techniques existent telles que la cohérence cardiaque, l’acupuncture, la méditation, la sophrologie, l’hypnose et bien d’autres, pour réduire le stress chronique.

 

 

Le saviez-vous ? En cas de travail de nuit, chaque salarié doit bénéficier d’un suivi médical adapté, encadré par les articles R. 4624-17 et R. 4624-18 du Code du travail. Les rendez-vous avec le médecin du travail peuvent ainsi être l’occasion d’évoquer d’éventuels troubles du sommeil. Pensez-y.

Sources

[*] http://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2019/8-9/pdf/2019_8-9.pdf

[1] https://institut-sommeil-vigilance.org/sommeil-et-travail/

[2] https://institut-sommeil-vigilance.org/sommeil-et-travail/

[3] https://static.cegos.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/12/05105843/Cegos-Communique-Baro-Climat-social-04122918.pdf

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