EN BREF
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Peut-être, pour certains champignons asiatiques.

Depuis des millénaires, la médecine traditionnelle chinoise utilise certains champignons, en particulier le maïtaké (Grifola frondosa) et le reishi (Ganoderma lucidum) (mais aussi parfois le shiitaké, Lentinus elodes). Ces champignons sont proposés pour tonifier l’organisme, stimuler les défenses naturelles et renforcer la résistance du corps face au stress. De plus, ils sont étudiés en complément du traitement de certains cancers.

Ces champignons contiennent des substances particulières appelées myco-polysaccharides ou bêta-D-glycanes dont l’action reposerait sur leur capacité à stimuler les défenses immunitaires. Ces substances ne sont pas absorbées par l’intestin. Une fois ingérées, elles se retrouvent dans les selles, à l’exception d’une petite fraction qui semble être digérée par les bactéries de la flore intestinale.

De nombreuses études ont été menées sur les effets des bêta-D-glycanes. Au Japon, deux d’entre eux constituent le principe actif de médicaments utilisés en accompagnement du traitement de certains cancers. Ils sont administrés par voie intraveineuse, en même temps que la chimiothérapie, dans le cadre du traitement des cancers du tube digestif ou du col de l’utérus.

Il est important de noter que les essais cliniques qui ont justifié leur usage au Japon ont été menés en utilisant des préparations injectables, et qu’aucune étude n’est parvenue à identifier d’effet lié à l’ingestion d’extraits de ces champignons.

  • contribuer à maintenir les défenses immunitaires naturelles (shiitaké et maïtaké)
  • aider à maîtriser la glycémie (taux de sucre dans le sang) (maïtaké)
  • stimuler le corps en phase d’épuisement (reishi).

Ces revendications d’effet sont désormais interdites pour les compléments alimentaires contenant du shiitaké, du maïtaké ou du reishi.

En 2018, une revue scientifique a fait le point sur tous les données disponibles en terme d’intérêt des bêta-D-glycanes extraits de maïtaké ou de reishi dans le cancer du sein (soit plus de 45 années de recherche). Malgré de très nombreux résultats sur des cultures de tissus ou des animaux, la recherche clinique n’a pas donné de résultats vraiment convaincants. Les auteurs de cette revue concluent en écrivant : « La plupart des études intégrées dans notre revue ne permettent aucunement de considérer G. lucidum (reishi) comme un traitement à part entière du cancer. (…) Cependant, les résultats suggèrent un intérêt éventuel de G. lucidum en accompagnement d’un traitement habituel de chimio- ou de radiothérapie, avec une augmentation de réponse à ces traitements pouvant atteindre 25 %. Cet effet pourrait être dû à un effet immunostimulant compensant l’effet immunosuppresseur des chimiothérapies. (…) Aucune toxicité sérieuse n’a été observée lors d’usage de G. lucidum. (…) Les effets cliniques de G. frondosa (maïtaké) restent incertains. »

Néanmoins, les auteurs de cette revue insistent sur la faible qualité méthodologique des essais cliniques et sur la grande variabilité des préparations à base de champignons. En conclusion, il est trop tôt pour se prononcer sur l’intérêt des bêta-D-glycanes extraits de ces champignons dans le cancer.

Source

La revue publiée en 2018 sur les bêta-D-glycanes extraits du maïtaké et du reishi dans le cancer du sein

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