La crise sanitaire donne une visibilité accrue à la précarité étudiante, là où les études supérieures devraient incarner pour tous les jeunes, une période d’épanouissement, propice aux rencontres, aux sorties et aux découvertes…

Le sentiment de détresse ou d’isolement est de plus en plus prégnant chez les 18-25 ans. Parents, frères et sœurs, grands-parents ou amis se sentent parfois démunis face à ce mal-être. Perrine Saada, psychologue clinicienne, nous livre des solutions concrètes pour accompagner au mieux les étudiants de notre entourage, dans ce contexte si particulier.

Précarité étudiante et crise sanitaire : près d’1 jeune sur 3 souffre de troubles de santé mentale

Le 28 janvier dernier, la Fondation FondaMental a dévoilé les résultats d’une nouvelle étude, réalisée par Ipsos. En tout, 404 jeunes âgés de 18 à 24 ans ont été interrogés afin d’évaluer leur niveau de détresse psychologique depuis le début de la pandémie. Il en ressort que :

 

21 % des jeunes de moins de 25 ans évoquent des symptômes de troubles dépressifs modérément sévères ou sévères ;

40 % des jeunes de moins de 25 ans souffrent d’un trouble anxieux généralisé ;

61 % estiment que la crise sanitaire aura des conséquences négatives sur leur santé mentale.

Étudiants et isolement : maintenir le contact, une priorité

Comme le souligne Perrine Saada, entre confinements, couvre-feux et cours à distance, les étudiants sont contraints de réaliser quotidiennement des activités finalement répétitives et solitaires, dans un espace parfois unique et exigu.

 

En résulte tout un panel de ressentis plus ou moins difficiles à gérer : stress, tristesse, découragement, inquiétude…

 

« Face à ces émotions désagréables, les étudiants peuvent se sentir coupables, frustrés, et avoir tendance à les nier », précise la psychologue clinicienne. « Leurs proches peuvent leur suggérer d’accueillir ces sensations et pensées comme elles viennent, dans leur tête et dans leur corps, sans les rejeter ni les juger », ajoute-t-elle.

 

En tant que proches d’un étudiant, vous pouvez également proposer, en fonction de vos disponibilités :

 

  • des parties de jeu de société à distance : il suffit que tous les participants aient un téléphone, une tablette ou un ordinateur équipé d’une caméra. Blind-test musical, pictionary et bien d’autres… peuvent se jouer sans matériel ou avec une simple feuille et un crayon ;
  • des rendez-vous en extérieur et en journée si vous n’êtes pas trop éloigné géographiquement. Promenade dans un parc, balade en forêt, ou même un pique-nique sur un banc suffit parfois à aérer l’esprit.

 

Et cela, bien entendu, en complément d’appels téléphoniques réguliers ou « en visio ». N’hésitez pas à anticiper le besoin des jeunes de se confier ou d’exprimer leur ressenti. Un simple appel pour dire bonjour ou partager une nouvelle est aussi l’occasion de donner la parole à l’autre, tout simplement et avec bienveillance.

Étudiants sous pression : l’importance des pauses et des moments de détente

Avec leur flot ininterrompu d’informations plus ou moins anxiogènes, les réseaux sociaux et les sites d’actualités peuvent faire monter le stress. Les consulter avec parcimonie, juste assez pour se maintenir informé, permet de limiter les sentiments qui participent de la précarité étudiante, sur le plan émotionnel.

 

En complément, les techniques de gestion de stress — méditation, relaxation, cohérence cardiaque — ne nécessitent aucun matériel particulier, et peuvent être mises en place dans n’importe quel espace. Pourquoi ne pas en parler à vos proches étudiants ?

 

« Chacun peut également créer sa propre boîte à outils d’activités bien-être », suggère Perrine Saada. En tant que famille ou ami, vous pouvez offrir aux étudiants de votre entourage de quoi remplir cette boîte à outils :

 

  • Des petits équipements de sport : ballon de yoga ou gymball, steps, haltères…
  • De petits appareils de massage, pour éliminer les tensions : coussin de massage, robot-masseur compact…
  • Des applications de relaxation,
  • Des tisanes détente et sommeil, avec un joli mug, des articles de décoration ou de confort…

Détresse psychologique des étudiants : les structures et dispositifs de soutien

« Dans le cas où [les étudiants de votre entourage] se sentiraient envahis et dépassés par leurs émotions, ils peuvent avoir recours aux dispositifs gratuits mis en place pour les aider », poursuit Perrine Saada. N’hésitez pas à leur en parler, même dans une conversation du quotidien, pour qu’ils en aient connaissance et se sentent prêts à les solliciter, en cas de besoin.

 

Ainsi, depuis fin décembre 2020, l’Association de Soins aux Professionnels de la Santé (SPS) a élargi son dispositif de soutien aux étudiants. Ce dernier inclut notamment une plateforme d’appel, des fiches informatives et une sélection d’applications dédiées au bien-être.

 

Le gouvernement a également mis en place début février le chèque psy, à destination des étudiants [2]. Ce bon donne notamment l’accès à trois consultations de 45 minutes prises en charge à 100 % par l’Assurance maladie. Avec ce dispositif, les étudiants bénéficient également d’un suivi médical à l’issue de ces consultations.

 

Garder le lien reste, qu’elles soient les conditions matérielles, une habitude indispensable pour maintenir le bien-être des étudiants d’aujourd’hui.

Sources

[1] https://www.fondation-fondamental.org/la-sante-mentale-des-jeunes-plus-que-jamais-preoccupante

[2] https://app.psynergy.fr/2021/01/22/tout-savoir-sur-les-cheques-psy-pour-les-etudiants/

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