Solution la plus répandue, c’est à dire l’usage de la climatisation pour se rafraîchir, alimente pourtant le cercle vicieux du réchauffement. Des alternatives à la clim' se développent pour faire baisser la température, autour du concept de rafraîchissement urbain.
2 fois plus
de vagues de chaleur en France sont prévues d'ici 2050 [1]
Parmi les effets visibles du changement climatique, l'augmentation de la température et la sécheresse sont sans doute les plus frappants en France. Depuis 1947, Météo France dénombre plus d’une cinquantaine de vagues de chaleur, également appelées canicules, parmi lesquelles plus de la moitié ont été enregistrées ces 16 dernières années... [2]
À compter de 1970, la température a augmenté de 2,3°C en France métropolitaine. Une tendance qui va continuer à s'accélérer faute de politiques climatiques ambitieuses à l'échelle mondiale. Les dix années les plus chaudes en France depuis 1900 sont toutes postérieures à 2011 ; et 2022, 2023, 2024 et 2025 se trouvent dans le top 5. En résumé, les vagues de chaleur ont vocation à être de plus en plus fréquentes, précoces, longues et intenses dans les années à venir.
˃˃ En savoir plus sur les effets du changement climatique avec le Guide Climat et environnement d’AXA Prévention
L’année 2026 a connu le printemps le plus chaud jamais enregistré depuis le début des mesures… en 1900 ! Avec une anomalie de +1,7°C et une température moyenne de 13,8°C, la saison s’accompagne d’un déficit de précipitations de 30%, selon Météo-France. [3]
Si les trois mois du printemps ont tous été plus chauds que la normale, le mois de juin 2026 a été le plus chaud jamais enregistré (+3,8°C par rapport à la normale), avec une “canicule historique”, précoce et très intense, constatée à partir du 17 juin.
Les températures ont alors atteint des niveaux inégalés, notamment entre le 22 et le 26 juin, avec un pic entre le 24 et le 25 où la température moyenne sur 24h a atteint pour la première fois les 30°C. Un triste record qui n’avait encore jamais été enregistré en France, tous mois confondus. [4]
En ville, le réchauffement climatique s'accompagne d'un phénomène météorologique appelé îlot de chaleur [5]. En milieu urbain en effet, la température monte, mais peine à redescendre, en particulier la nuit.
Du fait de leur configuration, les villes ont en effet bien plus de mal à se rafraîchir :
- la circulation du vent est affaiblie par les constructions ;
- les surfaces artificielles comme l'asphalte ou le béton stockent la chaleur et la restituent (les matériaux urbains renvoient ainsi 15 à 30% fois plus de chaleur qu'en zone rurale) ;
- l'activité humaine et industrielle ajoute à la chaleur ambiante (voitures, climatisation…).
5 millions
D’après le Cerema, agence gouvernementale qui accompagne les pouvoirs publics et les entreprises dans l’adaptation au changement climatique, plus de 5 millions de Français vivent dans des quartiers exposés au phénomène d’îlot de chaleur urbain. [6]
˃˃Pour aller plus loin, consultez notre article consacré aux canicules
La lutte contre le réchauffement urbain est un véritable enjeu de santé publique.
Parce qu'ils provoquent des excès de température de 7 à 8°C par rapport aux zones moins exposées, les îlots de chaleur augmentent la vulnérabilité des citadins et citadines. Conséquences de la surchauffe en ville : les canicules y sont plus mortelles qu'en zone rurale. En 2003 par exemple, on comptait 40% de surmortalité en zone rurale contre 141% à Paris. [7]
On estime que 33 000 personnes décèdent chaque année en France en raison de la chaleur, entre le 1er juin et le 15 septembre. [8]
Ce risque s'accompagne d'inégalités sociales de santé, certaines personnes étant plus vulnérables que d'autres aux îlots de chaleur : [9]
- les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes et les personnes malades ;
- les personnes en situation de précarité socio-économique, en lien notamment avec les conditions de logement (manque d'isolation, pas d'accès à des lieux frais comme les centres commerciaux, etc.).
Par exemple, on estime que dormir sous les toits dans un îlot de chaleur urbain multiplie par 4,1 le risque de décès par rapport à une zone non exposée !
La chaleur peut également s'accompagner de pics de pollution.
Premier réflexe en cas d'inconfort thermique dans un îlot de chaleur : allumer la clim', si l’on en possède une ! C’est pourtant une “fausse bonne idée”, car en dépit du rafraîchissement immédiat qu'elle procure, la climatisation consomme de l'énergie, génère des émissions de gaz à effet de serre et participe donc à réchauffer l’air extérieur. Pour éviter cet écueil, des solutions alternatives se développent, sous le concept du rafraîchissement urbain.
Les solutions disponibles à ce jour mobilisent plusieurs approches différentes et complémentaires, à savoir [10] :
- Les solutions vertes visent à ramener la nature en ville (parcs, toitures végétales, gestion des eaux pluviales, etc.). Une étude menée par l’INSA Strasbourg confirme l’adage selon lequel les arbres « rafraîchissent » autant que plusieurs climatiseurs : les scientifiques démontrent qu’ils empêchent l’air de se réchauffer et contribuent au maintien de températures moins élevées au sein des microclimats urbains [11] ;
- Les solutions grises concernent la modification des constructions et des aménagements (toits et murs blancs ou en matériaux à haute réflectivité, isolation, revêtements perméables et clairs, corridors de vent etc.) ;
- Les solutions bleues visent à aménager des zones de fraîcheur grâce à l’utilisation de l’eau, en créant des bassins paysagers et des plans d’eau, en réhabilitant des cours d’eau ou encore en favorisant l’infiltration des eaux de pluie ;
- Les solutions douces consistent à diminuer la circulation automobile, ce qui réduit la pollution atmosphérique et la chaleur générée par les moteurs thermiques. À chacun et chacune d'entre nous de choisir de se déplacer avec des modes de transport doux !
>>À lire sur AXA Prévention : Des solutions fondées sur la nature face au changement climatique
En cas de forte chaleur signalée par un avertissement chaleur ou une alerte canicule, un niveau de vigilance orange ou rouge, il est important de rester informé et de prendre des nouvelles de ses proches. Parmi les ressources disponibles :
- Météo France,
- RecoSanté
- Le numéro vert de Canicule info service : 0 800 06 66 66
En cas d’impossibilité d’être au frais chez soi, votre mairie tient à jour une liste des lieux publics climatisés.
Le 15 reste l’interlocuteur incontournable en cas de malaise.
En cas de doute, le site Vivre avec la chaleur répond à toutes les questions sur son logement et les activités possibles en cas de fortes chaleurs. [12]
Comment garder une température confortable, quand aérer son logement, comment réduire le soleil sur les fenêtres, comment réduire la chaleur à la maison et adapter son logement à la chaleur à travers des astuces simples : autant de bonnes pratiques à adopter pour protéger sa famille et prévenir les effets des fortes chaleurs.
En savoir plus : www.vivre-avec-la-chaleur.fr
Cumulées, ces solutions doivent contribuer au rafraîchissement en ville en cas de forte chaleur, sans pour autant augmenter la consommation d'énergie. Par des techniques comme l'inertie thermique (donc la capacité d’un matériau à maintenir une température stable), la circulation du vent ou l'ombrage, on diminue l'empreinte carbone, on économise l'énergie et on réduit l'impact sur les ressources naturelles !
[1] Site gouvernemental dédié à l’écologie https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/vagues-chaleur
[2] Site de Météo France
https://meteofrance.com/actualites-et-dossiers/comprendre-la-meteo/canicule-vague-ou-pic-de-chaleur
[3] Site de Météo France
https://meteofrance.com/presse/bilan-climatique-printemps-2026
[4] Site de Météo France
[5] Site de Météo France
[6] Site de la Banque des Territohttps://www.banquedesterritoires.fr/ilots-de-chaleur-urbains-plus-de-5-millions-dhabitants-potentiellement-exposes-selon-le-cerema
[7] Ademe, Rafraîchir les villes, des solutions variées
[8] Site de Santé Publique France
[9] Site Santé Publique France https://www.santepubliquefrance.fr/fortes-chaleurs-canicule/les-individus-sont-ils-tous-egaux-face-a-la-chaleur
[10] Site dédié à l’action pour la transition écologique, ar l’Ademe
https://agirpourlatransition.ademe.fr/collectivites/conseils/adaptation/rafraichissement-urbain
[11] Etude menée par T. Landes, INSA Strasbourg https://www.geo.fr/environnement/en-transpirant-les-arbres-rafraichissent-la-terre-213947
[12] Site du Service Public
https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A17577

