Oui, mais avec un niveau de preuve qui reste à confirmer.

Affection qui touche les femmes en âge d'avoir des enfants, l'endométriose se traduit habituellement par de fortes douleurs au moment des règles ou par des troubles de la fertilité. Elle se caractérise par la présence anormale, dans la cavité abdominale, de fragments d’endomètre (la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus). La nature et l'intensité de ses symptômes dépendent de la localisation des fragments d’endomètre, ce qui en fait une maladie dont les conséquences varient selon les patientes. Maladie chronique douloureuse, elle peut être invalidante.

Les mesures non médicamenteuses pour soulager la douleur de l’endométriose

Selon les recommandations de prise en charge de l’endométriose publiées par la Haute autorité de santé (HAS) en 2017, trois modes de gestion non médicamenteux de la douleur peuvent être appliqués pour soulager l’endométriose : l’acupuncture, le yoga et l’ostéopathie. Selon la HAS, ces modalités peuvent améliorer la qualité de vie des patientes, même si le niveau de preuve de leur efficacité est faible (niveau 4, le moins bon).

Les conclusions de la HAS reposent sur les quelques petites études cliniques qui ont été menées ces dernières années.

L’acupuncture, probablement plus efficace que le yoga

Deux analyses croisées d’études cliniques (l’une en 2017, l’autre en 2018) ont évalué l’efficacité de diverses pratiques non médicamenteuses dans le traitement des douleurs liées à l’endométriose. Toutes deux ont conclu à une efficacité statistiquement significative de l’acupuncture pour réduire ces douleurs.
Pour confirmer ces observations, une étude clinique sur les effets de l’acupuncture est menée en Chine sur 106 patientes depuis avril 2017. Ses résultats devraient bientôt être disponibles.

Le yoga, peut-être utile mais sans certitude

Les connaissances sur la place du yoga dans le traitement de l’endométriose sont très parcellaires. Dans l’analyse croisée de 2018 citée précédemment, le yoga semblait réduire les douleurs mais de manière non significative sur le plan statistique.

De plus, dans une enquête australienne menée sur 484 femmes souffrant d’endométriose et portant sur leurs moyens de soulager la douleur (hors recours à un médecin), le yoga a été noté par celles-ci comme n’apportant aucun bénéfice. Les trois mesures non médicamenteuses les mieux notées par les participantes étaient l’application de chaleur sur le ventre, le repos et… le cannabis. L’acupuncture n’était pas citée dans cette enquête car elle requiert l’expérience d’un praticien.

Les seules informations positives sur l’usage du yoga dans l’endométriose proviennent d’une équipe brésilienne, mais leurs études ont porté sur de petits groupes de 15 à 40 patientes. Selon celle portant sur une quarantaine de patientes, la pratique régulière du hatha yoga (90 minutes, deux fois par semaine) améliorerait significativement le contrôle de la douleur et la qualité de vie.

Sources

Les recommandations de la HAS sur la prise en charge de l’endométriose, 2017

L’analyse croisée de 2017 sur les traitements non médicamenteux de l’endométriose

L’analyse croisée de 2018 sur les traitements non médicamenteux de l’endométriose

Le protocole de l’étude actuellement menée en Chine sur les effets de l’acupuncture

L’enquête australienne sur les moyens utilisées par les patientes

Les articles de l’équipe brésilienne sur les effets du yoga :

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27552065

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27869485

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