La syphilis est une infection bactérienne sexuellement transmissible qui faisait des ravages avant la découverte des antibiotiques. Elle est encore très présente dans les pays en voie de développement. Depuis le milieu des années 1990, cette maladie très contagieuse est réapparue dans les pays industrialisés, en particulier chez les homosexuels masculins (80 % des cas).

En 2009, plus de 500 cas de syphilis ont été diagnostiqués en France, mais ces chiffres sont probablement très en dessous de la réalité.

Quels sont les symptômes de la syphilis ?

Les symptômes de la syphilis sont très variables d'une personne à l'autre. Les signes de cette infection peuvent ressembler à de très nombreuses maladies, ce qui a valu à la syphilis le surnom de "grande simulatrice". Non traitée, la syphilis peut évoluer à bas bruit pendant des dizaines d'années en provoquant de graves complications. On distingue plusieurs stades dans l'évolution et les symptômes de la syphilis.

Quelques jours à quelques mois après la contamination, le patient remarque un ou plusieurs boutons rouges sur ses organes génitaux, son anus ou au fond de sa gorge. Ce bouton évolue en ulcère non douloureux qui peut persister pendant un à deux mois en l'absence de traitement.

Quelques semaines après l'apparition du ou des ulcères, le patient se plaint d'un syndrome pseudogrippal (fièvre, fatigue, courbatures, ganglions gonflés et douloureux). Parfois, des plaques rouges apparaissent brièvement sur sa peau. Ensuite, des plaques de boutons ou des rougeurs peuvent apparaître sur la paume de ses mains et la plante de ses pieds.

Dans certains cas, les yeux sont touchés : inflammation de l'enveloppe des yeux (uvéite) ou de la rétine (rétinite). Parfois, des troubles neurologiques sont présents : méningite, paralysie d'une partie du visage, par exemple. Ces symptômes peuvent réapparaître régulièrement pendant des mois ou des années.

Deux ans après la contamination, les symptômes disparaissent. Cette phase peut durer plusieurs dizaines d'années.

Quelles sont les complications de la syphilis ?

Chez 40 % des personnes touchées, de graves complications apparaissent après dix à trente ans : rupture de gros vaisseaux sanguins, troubles neurologiques ou psychiatriques, destruction d'organes. Ces complications, également appelées stade tertiaire de la syphilis, peuvent entraîner le décès de la personne.

La syphilis expose également à un risque accru d'infection par le VIH/sida via les lésions que provoque cette infection (risque de trois à cinq fois plus élevé).

Pendant la grossesse, la syphilis peut être transmise de la mère à l'enfant, en particulier pendant la phase tertiaire.

Quelles sont les causes de la syphilis ?

La syphilis est due à une bactérie, Treponema pallidum. Cette bactérie se transmet lors de rapport sexuel non protégé avec une personne atteinte de syphilis pendant les premiers stades de la maladie (avant l'installation du stade de latence, lorsqu'il existe encore des ulcères ou des plaques muqueuses qui contiennent le tréponème). Tous les types de rapports sexuels non protégés peuvent être contaminants, y compris la fellation ou, parfois, le baiser profond.

La syphilis peut également être transmise pendant la grossesse ou lors d'échanges de matériel injectable utilisé par les personnes toxicomanes. Les personnes séropositives pour le VIH/sida semblent plus à risque d'être infectées par le tréponème de la syphilis : elles représentent plus de la moitié des cas observés en France.

Comment dépiste-t-on la syphilis ?

Le dépistage de la syphilis repose sur une analyse de sang (dite « TPHA/VDRL »). Ce test sanguin est positif dès la troisième semaine suivant la contamination. Avant cette date, il est également possible de rechercher des tréponèmes à partir d'un prélèvement effectué sur un ulcère suspect. Le test TPHA/VDRL permet également de suivre l'efficacité du traitement contre la syphilis.

Peut-on prévenir la syphilis ?

Comme toutes les infections sexuellement transmissibles, la prévention de la syphilis repose sur l'utilisation systématique de préservatifs (même pour la fellation) et sur un dépistage régulier chez les personnes ayant plusieurs partenaires sexuels. Même s'ils restent indispensables, les préservatifs n'offrent pas une protection absolue contre la syphilis, dans la mesure où la contamination peut avoir lieu lors d'un baiser profond. Il existe des centres de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) dans de nombreuses villes qui proposent un dépistage de la syphilis.
Il n'existe pas de vaccin contre la syphilis.

Comment soigne-t-on la syphilis ?

Pendant les stades primaire et secondaire de la syphilis, le traitement est habituellement une injection unique d'antibiotiques de la famille de la pénicilline. Chez les personnes allergiques à cette famille d'antibiotiques, chez celles séropositives pour le VIH/sida et chez celles à un state plus tardif de la maladie, des traitements particuliers existent également.

L'efficacité du traitement antibiotique peut être évaluée par des prises de sang régulières.

Lors de diagnostic de syphilis, la personne infectée est invitée à contacter ses partenaires sexuels récents (et plus anciens si la maladie est à un stade avancé) afin qu'ils subissent un test de dépistage et, le cas échéant, un traitement.

Qu'appelle-t-on chancre mou ?

Le chancre mou est une infection bactérienne due au bacille de Ducrey (Hæmophilus ducrey). Il se manifeste par de petites ulcérations, souvent douloureuses, au niveau des organes génitaux. Si le chancre n'est pas traité, il existe un risque de surinfection.

Le port du préservatif est le seul moyen de prévention, mais il n'offre pas une protection absolue. Les lésions peuvent en effet se situer en dehors de la zone protégée par le préservatif.

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