En 2026, les autorités veulent prendre les devants pour diminuer les risques et certains départements durcissent les sanctions en cas d’usage du téléphone en conduisant, allant jusqu’à la suspension de permis ! Découvrez comment maintenir votre attention et limiter les risques en cas de déplacement.
L’attention au volant peut être détournée par de nombreux facteurs et leur conséquence immédiate, c’est-à-dire l’inattention, réduit les réflexes, le champ de vision et le jugement.
Elle augmente à l’inverse le temps de réaction et le risque de percuter un piéton, d’entrer en collision avec un autre véhicule ou d’effectuer une sortie de route.
L'inattention demeure l'un des principaux facteurs d'accidents mortels. Dans le bilan ONISR 2025, elle est citée chez 13 % des présumés responsables de ce type d’accident [2b].
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le fait d’utiliser son téléphone au volant multiplie par quatre le risque associé [1].
Les chiffres de la Sécurité routière française confirment ce danger : [3]
- utiliser son téléphone en conduisant multiplie par trois le risque d’accident ;
- consulter un message au volant multiplie ce risque par 23 !
Une étude publiée en juillet 2025 par Assurance Prévention étudie plus spécifiquement la question des notifications sur smartphone et la vigilance au volant [4]. L’enquête conclut que le fait de consulter les notifications en conduisant multiplie par deux le risque d’accident et fait détourner les yeux de la route pendant six minutes par heure en moyenne.
En 2026, une nouvelle analyse d’Assurance Prévention s’intéresse cette fois à l’impact d’une conversation téléphonique qui multiplie par 3 le nombre d’accidents ! Un conducteur en conversation téléphonique est 2 fois plus flashé. L’analyse met ainsi en évidence une forte augmentation des signes de distraction cognitive et des comportements à risque, avec davantage d’excès de vitesse (+20 %), de freinages brutaux (+24 %) et d’erreurs de navigation (+84 %).
Sans surprise, le smartphone est le distracteur numéro 1 des conducteurs. Il présente la particularité de rassembler tous les types de distraction – visuelle, auditive, cognitive et physique.
Appels, envoi et lecture de messages, réseaux sociaux, notifications… D’après le 21e Baromètre du comportement des Français sur la route d’AXA Prévention, 85% des personnes interrogées confient utiliser leur téléphone en conduisant, soit plus de quatre Français sur cinq.
Il s’agit là d’un record tristement historique, après trois années où le taux s’était stabilisé à 80%, un niveau pourtant déjà très élevé…
Ce chiffre préoccupant est confirmé par l’ONISR, qui a enregistré près de 652 000 infractions concernant l’usage du téléphone au volant en 2024, soit une augmentation de plus de 6% par rapport à 2023.
D’après le Baromètre AXA Prévention, 70% des automobilistes passent des appels en conduisant, 33% consultent ou envoient des SMS et 25% consultent les notifications.
Le saviez-vous ?
En covoiturage, les conducteurs utilisent moins leur téléphone… La preuve en vidéo, dans cet extrait de web-série dédiée.
Les assistants de conduite connectés (CarPlay, Android Auto…) sont de plus en plus utilisés par les automobilistes. S’ils permettent d’encadrer l’usage du smartphone sur la route, ils constituent également de redoutables distracteurs, encourageant les conducteurs à rester connectés en permanence, multipliant ainsi les risques liés à l’inattention.
Selon les chiffres issus du 21e Baromètre d’AXA Prévention, ces assistances de conduite tendent à accentuer les comportements à risque :
- 79% des conducteurs passent des appels par commande vocale ;
- 54% consultent leurs SMS et 46% en envoient ;
- 34% consultent leurs notifications.
Ces dispositifs sont ainsi à l’origine d’une distraction à la fois visuelle à travers l’écran tactile, et cognitive car ils sollicitent l’attention du conducteur. Ils représentent ainsi un danger pour la sécurité routière [5].
Ces comportements à risque sont d’autant plus présents pendant les trajets professionnels. >> En savoir plus sur Mon Entreprise & Moi.
En dehors des smartphones et des assistances connectées, on retrouve bien d’autres sources de distraction, parmi lesquelles :
- les distracteurs présents à l’extérieur de l’habitacle (scène d’accident, panneaux publicitaires) ;
- les commandes du véhicule (réglage de la radio/musique, de l’air conditionné) ;
- le GPS ;
- les passagers (discussions, enfants en bas âge…) ;
- le fait de manger, boire ou fumer/vapoter au volant - la fatigue joue également un rôle dans l’inattention au volant.
- le fait de manipuler ou de tenter d’attraper des objets (lunettes de soleil, vêtements, objet tombé sous un siège).
Le saviez-vous ?
Lire un message en conduisant incite le conducteur à détourner les yeux de la route pendant au moins cinq secondes, multipliant le risque d’accident par 23 ! [3]
L’article R412-6-1 du Code de la route est très clair en matière de téléphone au volant : il est strictement interdit d’utiliser ou même de manipuler son smartphone en conduisant. Cette action est passible d’une amende forfaitaire de 135 € et d’un retrait de trois points sur le permis de conduire. [3, 6]
Les oreillettes sont également interdites. Si le fait de ne pas tenir le téléphone en main évite la distraction « matérielle », téléphoner avec un kit mains libres n’est pas plus sécurisant : la distraction liée à la conversation à distance représente toujours un risque !
De plus, l’usage du téléphone au volant constitue un facteur aggravant en cas d’infraction. Le décret n°2020-605 prévoit que si un conducteur avait son téléphone en main alors qu’il enfreignait le Code de la route (vitesse, distance, dépassement, signalisation, etc.), son permis peut lui être immédiatement retiré avec une suspension de six mois maximum.
Les préfectures des Landes, du Lot-et-Garonne, du Pas-de-Calais et de Charente-Maritime vont plus loin : en application de l'article L224-7 du Code de la route, elles prévoient la suspension immédiate du permis de conduire durant 15 jours à six mois, pour toute personne trouvée avec un portable en main au volant sur leur territoire !
Une application loin d’être théorique ! Mise en œuvre en Charente-Maritime depuis mai 2026, la mesure a entraîné 14 suspensions du permis de conduire pour récidive d’utilisation du portable au volant en seulement 10 jours. [6]
La mesure s’étend de département en département, et pourrait concerner davantage de territoires dans les mois ou années à venir !
Vous vous apprêtez à prendre la route ? Adoptez les bons réflexes pour limiter les risques dus à l’inattention.
- Au moment de partir, pensez à éteindre votre téléphone, à le passer en mode avion ou en « mode conduite » ;
- Entrez la destination dans votre GPS avant de démarrer votre véhicule ;
- Sur les longs trajets, veillez à faire une pause toutes les deux heures pour prendre l’air, vous dégourdir les jambes, et prévoyez une pause-déjeuner pour éviter de manger au volant ;
- Privilégiez les jeux et les activités calmes pour occuper vos enfants en voiture.
N’hésitez pas à partager cet article autour de vous pour encourager vos proches à adopter les bons gestes sur la route !
Vous êtes automobiliste ou usager de mobilités : pour adopter les bons réflexes, découvrez le module de formation dédié à la conduite responsable.
[1] Site de l’Organisation Mondiale de la Santé
https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/road-traffic-injuries
[2] Site de l’ONISR
[2b] Rapport 2025 de l’accidentalité routière en France, publication mai 2026
[3] Site de la Sécurité routière
[4] Site Assurance Prévention
[5] Site du journal Le Parisien https://www.leparisien.fr/high-tech/telephone-au-volant-carplay-et-android-auto-cest-vraiment-sans-risque-18-09-2025-4UERSN5AJZD3BHJQICLFKJLQ2U.php
[6] Site de La Nouvelle République

