Sharenting : quels risques liés aux photos et vidéos de ses enfants sur internet
AXA Prevention

Zoom sur le sharenting : quand les parents partagent des contenus concernant leurs enfants sur Internet

Alors que de nombreux parents publient quotidiennement sur leurs réseaux sociaux des photos et des vidéos de leurs enfants – mineurs –, AXA Prévention partage le décryptage de la CNIL sur ce phénomène du « sharenting » et répond aux grandes questions qu’il soulève. Quels sont les risques encourus ? Quelles sont les conséquences sur la vie privée des enfants ? Et quelles bonnes pratiques mettre en place ?...

Zoom sur le sharenting : quand les parents partagent des contenus concernant leurs enfants sur Internet

Alors que de nombreux parents publient quotidiennement sur leurs réseaux sociaux des photos et des vidéos de leurs enfants – mineurs –, AXA Prévention partage le décryptage de la CNIL sur ce phénomène du « sharenting » et répond aux grandes questions qu’il soulève. Quels sont les risques encourus ? Quelles sont les conséquences sur la vie privée des enfants ? Et quelles bonnes pratiques mettre en place ?...

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Le chiffre

53% des parents français ont déjà partagé du contenu sur leurs enfants sur les réseaux sociaux. [1]

Le droit au respect de la vie privée des enfants

C’est la Convention internationale des droits de l'enfant de 1989 qui précise que chaque mineur a le droit de « préserver son identité, son nom et ses relations familiales ». Elle indique également qu’il doit être préservé des « immixtions arbitraires ou illégales dans sa vie privée » et des « atteintes illégales à son honneur et à sa réputation ». 

Les enfants ont donc le droit au respect de leur vie privée et disposent d’un droit à l’image. Même mineurs, ils ont des droits numériques sur les photos et les vidéos partagées sans leur consentement.

La CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés) soutient d’ailleurs les enfants qui estiment que leurs droits n’ont pas été respectés par leurs parents. Ils peuvent par exemple demander le retrait des contenus en ligne.

Les risques encourus par les parents qui postent des photos et des vidéos de leurs enfants

Le terme sharenting, apparu en 2010, pourrait être traduit par « surpartage » en français. Il désigne le partage de vidéos ou de photos d’enfants par leurs parents sur les réseaux sociaux.

Même si mettre en scène et exposer un enfant pourrait lui donner confiance en lui, cela peut aussi le rendre dépendant du regard des autres, voire accro au « like ».

En France, la CNIL alerte les parents sur les risques encourus et leur déconseille fortement le partage de photos et de vidéos de leur progéniture, plus particulièrement si leurs profils sont publics.

Risque N°1 : les images de vos enfants peuvent être détournées

Lorsque les photos et vidéos sont accessibles à tous, des internautes malveillants peuvent les détourner pour créer de faux profils, les partager ou encore les diffuser sur le dark web et les sites de pédopornographie.

Ils peuvent récupérer ces contenus facilement si votre profil est public ou s’ils ont été relayés publiquement par un de vos contacts ou avec d’autres « amis ».

Risque N°2 : les images en disent beaucoup sur vos enfants

Alors qu’une photo de sortie d’école peut paraître anodine, elle révèle beaucoup d’informations sur votre enfant : localisation, heure, lieux fréquentés, activités… Des données que pourraient utiliser des internautes malintentionnés.

Risque N°3 : le préjudice à long terme

En moyenne, les parents d’un adolescent de 13 ans ont déjà publié 1300 photos de lui sur les réseaux sociaux. [2]

En postant régulièrement des photos de vos enfants, vous créez leur identité numérique et il leur sera très difficile de la supprimer une fois qu’ils seront adultes. Ces images peuvent porter atteinte à leur réputation en ligne, favoriser le cyberharcèlement et avoir des conséquences sur leur scolarité, leur vie professionnelle et personnelle.

Les bonnes pratiques à adopter proposées par la CNIL

Si vous souhaitez tout de même partager des contenus de vos enfants, la CNIL vous propose quelques bons réflexes à adopter pour limiter les risques.

Conseil N°1 : éviter les réseaux sociaux

Plutôt que de partager des photos et des vidéos de votre enfant publiquement sur Facebook et Instagram, privilégiez les messageries privées instantanées sécurisées, les mails et les MMS. Seuls les proches les verront. Et n’hésitez pas d’ailleurs à les sensibiliser à votre démarche en leur demandant de ne pas les partager sans votre accord.

Conseil N°2 : demander l’autorisation de votre enfant et de l’autre parent

Même s’il est jeune, votre enfant a son mot à dire. Il est important d’en parler avec lui et d’obtenir son accord comme celui de son autre parent, avant toute publication en ligne. Juridiquement, le fait de diffuser une photo d’un enfant sur les réseaux sociaux nécessite l’accord des deux parents. Un juge pourrait donc interdire à un père ou une mère de partager publiquement des photographies de son enfant si l’autre parent n’est pas consentant.

Conseil N°3 : cacher le visage de l’enfant

Avant tout, triez vos photos. Il est évidemment plus risqué de publier une photo de votre enfant en maillot de bain à la plage ou nu dans son bain.

Vous pouvez aussi cacher son visage avec un émoji ou le montrer uniquement de dos.

Conseil N°4 : sécuriser vos comptes

Pour éviter qu’un inconnu ne tombe sur vos contenus sur les réseaux sociaux, vous pouvez réduire la visibilité de vos photos. Pour cela, appuyez sur « Paramètres et confidentialité » puis sur « Confidentialité », et réglez votre compte sur « Compte privé ». Vous pouvez aussi réduire l’audience en choisissant par exemple l’option « amis proches ». 

Conseil N°5 : faire le ménage

Régulièrement, triez vos abonnés pour vous assurer de tous les connaître. Vous pouvez également les classer pour faciliter le partage uniquement aux « amis proches » ou seulement à la « famille ».

Faites également le ménage sur vos comptes et supprimez les plus anciennes photos.

Conseil N°6 : supprimer les images réutilisées et se faire accompagner

Si ce n’est pas le cas, d’autres solutions existent :

  • appeler la police ou la gendarmerie si la photo ou la vidéo met en danger l'enfant ;
  • composer le 3018 si la photo ou la vidéo est utilisée à des fins de cyberharcèlement ;
  • adresser une plainte à la CNIL dans un délai d’un mois après la date de la demande.

>>Pour aller plus loin, découvrez l’article AXA Prévention sur le Permis Internet.

Sources