Appliquée seulement dans quelques départements jusqu’alors, la suspension administrative du permis de conduire pour usage du téléphone au volant est étendue à toute la France. Un durcissement des sanctions pour lutter contre la banalisation du téléphone sur la route, qui multiplie par 4 les risques d’accident [1].
Interdit au volant depuis 2003, le téléphone portable n’a pourtant jamais vraiment quitté la route. Au contraire, les chiffres font état d’une hausse préoccupante de son usage : ¾ des automobilistes avouent l’utiliser en conduisant en 2025, un chiffre qui grimpe à 85 % si l’on y intègre la fonction GPS [2]. 695 360 infractions concernent l’usage du téléphone ou d’oreillettes au volant, soit une hausse de 6,7 % par rapport à 2024 [3].
Bien qu’autorisés, les assistants connectés comme Apple CarPlay, Android Auto ou les dernières IA font partie des distracteurs dangereux sur la route. Ils ont tendance à accentuer les distractions et interactions au volant, plutôt qu’à les restreindre. 79 % des conducteurs passent ainsi leurs appels par commande vocale, 54 % lisent leurs SMS, ou encore 34 % consultent leurs notifications [2].
Le saviez-vous ?
Le port d’écouteurs, d’un casque ou d’une oreillette Bluetooth est prohibé sur la route, au même titre que le fait de tenir son téléphone en main. Une interdiction qui concerne aussi les conducteurs de deux-roues et les cyclistes. Faites le point sur les situations autorisées et interdites sur le site de la Sécurité routière.
Le Code de la route donne aux préfets la possibilité de suspendre le permis de conduire d’un conducteur pris en flagrant délit avec son téléphone, même en l’absence d’autre infraction [5] : c’est la suspension dite administrative. Jusqu’à maintenant, seuls quelques départements appliquaient cette mesure. Fin septembre 2026, le gouvernement a demandé la généralisation de cette sanction à l’ensemble du territoire.
- Qui est concerné ? Tous les conducteurs, qu’ils soient récidivistes ou non, qu’une autre infraction ait été constatée ou non. Votre permis peut vous être retiré pour le simple fait d’avoir votre téléphone en main, même s’il n’y a pas d’excès de vitesse ou d’autre faute.
- Quelle est la durée de suspension du permis de conduire ? Elle est décidée au cas par cas, de 15 jours à 6 mois.
- Concrètement, comment cela se passe-t-il ? Les forces de l’ordre constatent l’infraction, mais le retrait du permis est décidé puis notifié à l’automobiliste par le préfet.
Ces nouvelles règles s’ajoutent aux sanctions déjà mises en place si vous utilisez votre téléphone en conduisant :
- une amende de 135 euros ;
- un retrait de 3 points sur votre permis de conduire ;
- l’éventuelle suspension de votre permis, sur décision d’un juge. Si la décision de suspension judiciaire intervient avant la fin d’une suspension administrative, elle remplace cette dernière.
Au volant, un seul conseil : levez les yeux de votre téléphone et gardez-les sur la route !
[1]Organisation mondiale de la Santé, Traumatismes dus aux accidents de la circulation, 20 juillet 2026, https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/road-traffic-injuries
[2]Axa Prévention et Kantar, 21e Baromètre du comportement des Français sur la route (2O25)
[3]ONISR, Les infractions au Code de la route et l’impact sur le permis à points, Bilan statistique de l’année 2025
[4]Sécurité routière, Le téléphone au volant peut vous coûter une suspension de permis, 8 septembre 2026, https://www.masecurite.interieur.gouv.fr/fr/actualites/telephone-au-volant-suspension-immediate-permis
[5]Code de la route, article L224-7, https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039785543

