À l’échelle de notre planète, on comptabilise en moyenne 1 suicide toutes les 40 secondes, soit un million de suicides chaque année. Dans de nombreux pays, des structures gouvernementales, des associations et des centres médicaux multiplient les actions de prévention du suicide. La Journée mondiale du 10 septembre prochain est l’occasion de découvrir ces différentes actions, et de s’informer sur ce phénomène complexe.

Prévention du suicide : un enjeu majeur de santé publique

En France, le taux de suicide a baissé de 33,5 % depuis l’an 2000. Ces chiffres encourageants sont la preuve que le suicide n’est pas une fatalité, et témoignent de l’importance de mettre en place des dispositifs d’écoute et d’accompagnement dédiés aux personnes en souffrance. En effet, cette baisse est directement liée à l’instauration de nombreuses interventions de soutien par le gouvernement.

Une meilleure information, davantage de prévention… C’est justement le but de la Journée mondiale de prévention du suicide, qui se déroule le 10 septembre prochain.

Cet évènement, créé en 2002 sous l’impulsion de l’association internationale pour la prévention du suicide, est organisé en collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé.

Quelques chiffres clés du suicide en France

Nous faisons partie des pays européens les plus touchés par ce phénomène : en France, le suicide représente davantage de décès que les accidents de la route.

  • Environ 25 personnes se suicident chaque jour, soit près de 10 000 chaque année.
  • 75 % d’entre eux sont des hommes
  • On recense 200 000 tentatives de suicide par an

Contrairement à certaines idées reçues, ce ne sont pas les jeunes qui se suicident le plus : la catégorie d’âge représentant le plus haut taux de mortalité est celle des plus de 75 ans. Les agriculteurs exploitants sont la population professionnelle la plus à risque.

La 2e cause de mortalité chez les 15-24 ans

En France, le suicide représente plus de 16 % du total des décès chez les adolescents et jeunes adultes.

Selon les résultats de l’étude scientifique I-Share, 1 étudiant sur 5 ayant participé à l’enquête avait eu des pensées suicidaires pendant l’année écoulée. Pour 4 % d’entre eux, ces pensées étaient récurrentes.

Parmi ces 4 % de jeunes souffrant fréquemment de ce type de pensées, seulement la moitié se sont confiés à leurs proches, et un tiers à un médecin.

En parler avec les plus jeunes : des pistes pour aborder ce sujet sensible

Pas toujours simple d’entamer un dialogue sur le thème du suicide avec ses enfants… Pour amorcer la discussion ou fournir des informations aux jeunes, vous pouvez utiliser un support :

 

  • Des chaînes YouTube, comme Le PsyLab, qui décrypte notamment le suicide et les leviers de prévention.
  • La chanson de Stromae, « L’Enfer » : en abordant publiquement le thème délicat des pensées suicidaires, et en reconnaissant avoir été confronté à cette problématique, le chanteur belge a déclenché « un évènement majeur dans la prévention du suicide », selon Charles-Édouard Notredame, psychiatre à l’hôpital universitaire de Lille et coordinateur national adjoint pour le 3114, la plateforme nationale d’écoute et de prévention du suicide. Juste après le passage de Stromae sur TF1 pour interpréter ce titre, le 3134 a enregistré un pic d’appels…

Quels sont les moyens de prévention du suicide ?

C’est prouvé : le suicide, plus on en parle, moins on y pense. Pouvoir se confier rapidement à une personne et bénéficier d’un soutien psychologique restent les meilleurs moyens de lutter contre le suicide. Les proches de personnes en détresse peuvent également se tourner vers certaines structures afin d’obtenir des conseils.

 

Le 3114 est le numéro national de prévention du suicide. Il permet de dialoguer gratuitement avec un professionnel de soins 24 h/24 et 7 j/7.

En cas de risque de passage à l’acte imminent, le SAMU (15) peut être contacté à toute heure du jour ou de la nuit.

Les adolescents et étudiants bénéficient de services dédiés : le Fil Santé Jeunes propose un service anonyme et gratuit pour les 12-25 ans tous les jours de 9 h à 23 h.

Les jeunes désirant dialoguer sur le sujet peuvent appeler le 0 800 235 236, ou dialoguer avec des psychologues ou médecins via un chat sur le site internet de l’organisme.

Enfin, dans le cadre de la stratégie nationale de prévention du suicide, des centres VigilanS ont ouvert leur porte sur l’ensemble du territoire. Ce dispositif permet de recontacter et soutenir les personnes ayant fait une tentative de suicide.

Pour aller plus loin : afin de bénéficier de données précises concernant le suicide et ses leviers de prévention, un Observatoire national du suicide a été créé en septembre 2013. Les différents rapports publiés par l’organisme offrent une vision globale de ce phénomène.

Sources

https://www.journee-mondiale.com/17/journee-mondiale-de-prevention-du-suicide.html

https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/article/observatoire-national-du-suicide

https://www.jeunes.gouv.fr/Le-suicide-chez-les-jeunes-parlons

i-share.fr/actualite/les-etudiants-et-le-suicide

Lire la suite