Adapter son jardin à la sécheresse

Les fortes chaleurs associées au manque d’eau peuvent mettre à rude épreuve les jardins. Voici quelques conseils pratiques pour aider vos plantes à passer le cap, sans y laisser trop de feuilles...

Adapter son jardin à la sécheresse

Les fortes chaleurs associées au manque d’eau peuvent mettre à rude épreuve les jardins. Voici quelques conseils pratiques pour aider vos plantes à passer le cap, sans y laisser trop de feuilles...

Plus nombreux, plus longs, plus intenses… Quasiment toutes les régions françaises sont aujourd’hui confrontées à des épisodes de sécheresse. Et la meilleure façon d’aider son jardin à les surmonter reste de l’y préparer. Le choix d’espèces plus résistantes, la préservation de l’humidité du sol et un usage responsable de l’eau font partie des clés pour continuer à profiter d’un espace vert agréable et harmonieux. 

Sécheresse au jardin : miser sur les bonnes plantes

Le premier conseil est un conseil de bons sens : quoi que l’on fasse, certaines plantes ne sont tout simplement pas faites pour résister à des températures élevées, à un sol trop pauvre ou à un déficit d’eau prolongé. Adapter un jardin à la sécheresse, c’est donc d’abord choisir des plantes qui possèdent les ressources nécessaires pour faire face aux nouvelles conditions climatiques (racines profondes pour capter l’eau, petites feuilles pour limiter l’évaporation…). On pense, bien sûr, aux espèces méditerranéennes, mais la palette de choix peut être plus large, à condition de tenir compte de trois facteurs :  

  • La nature du sol : s’agit-il d’un sol acide, peu acide ou au pH neutre ? Sa texture est-elle surtout sableuse, limoneuse, argileuse ? Ces paramètres donnent déjà une idée de la capacité de la terre à retenir l’eau et les nutriments. 
  • L’exposition : les expositions sud et ouest conviennent aux plantes qui apprécient un fort ensoleillement, tandis que le nord et l’est seront plus adaptés aux plantes qui aiment l’ombre. 
  • Le climat de la région le reste de l’année : la plante doit-elle aussi être capable de résister à des hivers rigoureux, à des vents forts, aux embruns, à des précipitations importantes en dehors des épisodes de sécheresse ?  

Vous pouvez privilégier les espèces indigènes, c’est-à-dire originaires de votre région, pour favoriser la biodiversité locale. Si vous décidez d’inviter quelques espèces exogènes dans votre jardin, une seule règle : éviter les plantes exotiques considérées comme envahissantes. 

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Le saviez-vous ?

Vous pouvez consulter la liste des plantes invasives dans votre région sur le site du centre de ressources Espèces exotiques envahissantes (EEE).

Quelques exemples d’arbres et plantes adaptés à la sécheresse : le chêne vert, le tilleul à petites feuilles, le chèvrefeuille du Japon, l’arbousier commun, la lavande, la sauge, l’agapanthe, le rosier paysager [1]… 

>> Pour aller plus loin, découvrez notre article sur les risques d’incendie liés à la sécheresse 

Retenir l’humidité du sol grâce au paillage et à quelques astuces

Pailler le sol 

En période de canicule, chaque goutte compte. Le paillage est un moyen efficace et écologique pour conserver l’humidité du sol, en limitant l’évaporation de l’eau. Le principe est simple : appliquer une couche de résidus végétaux qui servira d’isolant au pied de vos plantes. Pour le jardin, préférez un paillis naturel (foin, paille, feuilles mortes, paillettes de lin…), qui enrichira la couche de surface en matière organique.  

La technique du paillage est souvent utilisée pour les potagers, mais elle convient aussi très bien aux massifs de fleurs. Elle a, de plus, d’autres vertus : elle ralentit la pousse des mauvaises herbes, protège la terre de l’érosion lors des fortes pluies et aide, à l’inverse, la terre à garder la chaleur en hiver pour éviter aux racines de geler. 

Utiliser du compost 

Les sols très drainants comme les sols sableux ou caillouteux ont, par définition, du mal à retenir l’eau. Vous ne pourrez pas les transformer d’un coup de baguette magique en sols compacts et argileux, mais l’utilisation du compost est une bonne astuce pour améliorer leur structure. Riche en matière organique, il favorise un meilleur enracinement et le maintien de l’humidité dans le sol.  

Installer un ombrage 

Lorsque les températures deviennent intenses pendant de longues journées, la pose d’un ombrage peut être envisagée pour protéger les plantes les plus fragiles de votre jardin. Certains légumes et fruits du potager mais aussi les jeunes plants ou les plantes en pot sont en effet moins armés pour résister aux fortes chaleurs. Privilégiez une toile légère, voire ajourée, qui filtrera les rayons du soleil tout en laissant l’air circuler.

Arroser de façon raisonnée en période de sécheresse, mais pas que…

Adapter son jardin à un climat plus chaud et sec, c’est aussi tout faire pour économiser la précieuse ressource qu’est l’eau en adoptant les bons gestes. 

Arroser moins, mais mieux

Lorsque vous devez arroser vos plantes, faites-le aux heures les plus fraîches, tôt le matin ou tard le soir pour éviter que l’eau ne s’évapore avant que les plantes aient pu en profiter. Plutôt que d’arroser tous les jours un petit peu, arrosez moins souvent, mais plus abondamment. Cela incitera vos plantes à développer leurs racines pour puiser l’eau plus profondément et les rendra moins dépendantes de l’arrosage. 

En période de sécheresse, priorisez les plantes les plus fragiles. N’arrosez pas la pelouse, mais augmentez la hauteur de tonte de quelques centimètres pour lui permettre de mieux s’enraciner et résister à la chaleur. Une pelouse qui jaunit en été est une pelouse en repos : patience… attendez les premières pluies pour la voir reverdir. 

Privilégier des systèmes économes en eau

Selon la taille et la disposition de votre jardin, envisagez la mise en place d’un système de goutte-à-goutte, qui permet un arrosage lent et profond, au débit maîtrisé. Vous pouvez aussi installer un récupérateur d’eau de pluie, en prenant soin de vérifier les conditions qui s’appliquent dans votre région (dans certains départements, il est obligatoire de couvrir la cuve pour éviter la prolifération de moustiques tigres). Grâce à lui, vous pourrez arroser votre jardin même en cas de restrictions d’eau. 

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Le saviez-vous ?

En période de sécheresse, l’arrosage des jardins peut être interdit sur certaines tranches horaires ou limité aux jeunes plantations. Le site VigiEau indique quelles sont les restrictions d’eau en cours dans votre commune.

Imaginer un jardin plus résilient

Planter des espèces adaptées au sol et au climat, pailler, arroser moins, mais mieux : c’est la combinaison de toutes ces actions qui permettra à votre jardin d’être moins dépendant et de mieux résister aux périodes de sécheresse.

Mais concevoir un jardin résilient, c’est aussi le penser à plus long terme, en améliorant la qualité du sol sur la durée, en créant des zones d’ombre naturelles et en diversifiant les plantations et strates (arbres, arbustes, massifs, plantes grimpantes, haies, prairies…). L’objectif ? Favoriser un écosystème riche et équilibré, moins vulnérable aux perturbations du climat. Une nouvelle page blanche stimulante pour les jardiniers ! 

Sources

Site du Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement Pyrénées-Orientales https://www.calameo.com/read/0023125510baa0e30ab1e