Toutes techniques confondues, on estime que la fraude aux moyens de paiement représente plus de 1,2 milliard d’euros en 2025 en France [1]. Les modes opératoires évoluent et la technique du « SIM swapping » fait partie des arnaques qui ont émergé ces dernières années. Comment fonctionne-t-elle, quels sont ses risques et surtout, comment s’en protéger ? Voici les principales informations à retenir, et à partager à vos proches, pour préserver le plus grand nombre de ce type d’escroquerie.
>> Pour aller plus loin, consultez notre article sur la fraude au virement
L’arnaque à la carte SIM ou « SIM swapping » consiste à s’approprier la ligne téléphonique d’une personne pour prendre le contrôle de ses applications ou moyens de paiement.
Concrètement ?
- L’escroc se fait passer pour le titulaire de la ligne téléphonique auprès de l’opérateur. Pour cela, il utilise les données personnelles de la victime, dérobées ou trouvées en ligne (numéro de téléphone, adresse, email, date de naissance…).
- Il demande le transfert du numéro de téléphone vers une nouvelle carte SIM (ou e-SIM), en prétextant la perte ou un dysfonctionnement de la SIM antérieure.
- L’ancienne carte SIM est désactivée et le fraudeur reçoit les appels et SMS destinés à la victime sur son propre téléphone. Il peut alors réinitialiser des mots de passe, accéder à certaines applications ou valider des opérations en interceptant les codes d’authentification envoyés par SMS.
En détournant votre numéro de téléphone, le pirate peut avoir plusieurs buts : entrer dans votre boîte mail ou votre cloud pour récupérer des données personnelles ou professionnelles (qui alimenteront d’autres tentatives de fraude), publier des messages sur vos réseaux sociaux, accéder à votre application bancaire pour réaliser des paiements ou transferts frauduleux… Suivant le degré de sophistication de l’attaque, le SIM swapping peut donc avoir des conséquences graves : vol de données, usurpation d’identité, pertes financières, voire atteinte à la réputation.
L’usurpation du numéro de téléphone fait partie des actes de cybermalveillance en très nette augmentation : + 517 % en 2025 [2].
Le saviez-vous ?
Un téléphone qui perd soudainement l’accès au réseau mobile (message « aucun service » ou « appels d’urgence uniquement ») alors que vous êtes dans une zone couverte peut être le signe d’un SIM swapping. Vérifiez auprès de votre opérateur en cas de doute.
Si vous pensez être victime d’une arnaque à la carte SIM, réagissez rapidement !
- Prévenez votre opérateur téléphonique afin qu’il suspende votre ligne et vérifie si une nouvelle SIM a été activée.
- Contactez votre banque et signalez-lui les opérations frauduleuses ou demandez-lui de surveiller votre compte.
- Changez vos mots de passe, en priorité ceux de votre messagerie et de vos comptes sensibles (banque, réseaux sociaux, espace de stockage en ligne…).
- Conservez des preuves et portez plainte auprès de la police ou de la gendarmerie en cas de fraude avérée.
Le site Cybermalveillance.gouv.fr vous propose des conseils personnalisés et une assistance en ligne en cas d’acte de cybermalveillance.
Enfin, lorsque cela est possible, préférez un système de connexion à vos comptes qui ne repose pas sur le SMS, comme la double authentification via une application, une clé spécifique ou la reconnaissance biométrique.
[1]Banque de France, Rapport de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement 2025, septembre 2026
[2]Cybermalveillance.gouv.fr, Rapport d’activité 2025 - Au cœur de l’action cyber, mars 2026

