Solutions fondées sur la nature pour protéger et reconstruire les forêts

L’actualité de cet été a évolué au rythme des annonces d’épisodes de sécheresse, feux de forêt, canicules… Mais alors que les forêts françaises souffrent des effets du changement climatique, les solutions fondées sur la nature permettent d’améliorer leur résilience et de préserver leur avenir.

Solutions fondées sur la nature pour protéger et reconstruire les forêts

L’actualité de cet été a évolué au rythme des annonces d’épisodes de sécheresse, feux de forêt, canicules… Mais alors que les forêts françaises souffrent des effets du changement climatique, les solutions fondées sur la nature permettent d’améliorer leur résilience et de préserver leur avenir.

Comme l’ensemble du patrimoine naturel, les forêts doivent s’adapter au changement climatique. Cela peut être mis en place à travers des techniques de gestion durable des forêts, de préservation de la biodiversité et de sylviculture à faible impact. [1] Les responsables locaux ont également intérêt à mettre en place des solutions fondées sur la nature pour protéger les espaces boisés, intégrer la forêt aux besoins d’adaptation et rendre possible leur reconstruction en cas d’épisode climatique.

>> Pour en savoir plus sur les solutions fondées sur la nature : consultez notre article dédié  

Solutions fondées sur la nature :  les forêts à l’épreuve du changement climatique

Les forêts souffrent des effets du changement climatique dans toute la France. Sécheresses, canicules, feux de forêt, attaques de parasites… 300 000 hectares ont déjà été affectés depuis 2018. [2, 3]

Si la plupart des feux de forêt sont d’origine humaine, leur gravité dépend d’autres facteurs tels que la sécheresse, la chaleur, l’état hydrique de la végétation et la gestion de la forêt. Par exemple, les Landes de Gascogne sont plus à risque d’incendie du fait de la faible humidité de l’air, des vents soutenus, de l’assèchement des sols et de la végétation. Une série de facteurs résultant d’ailleurs du changement climatique... [2]

Protéger la forêt, c’est donc aussi l’aider à s’adapter au changement climatique pour augmenter sa résilience. L’Office national des forêts (ONF) et l’Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae) travaillent ensemble à la protection des forêts françaises, à travers notamment la participation active, aux côtés des territoires, à la conception et mise en œuvre de solutions fondées sur la nature. [4]

>> Pour en savoir plus sur la transition écologique des communes, rendez-vous sur www.macommuneenaction.fr 

Diversifier les forêts pour renforcer leur résilience

Une forêt plus robuste face aux incendies et aux effets du changement climatique est une forêt diversifiée, mais aussi une forêt plus humide et plus riche en biodiversité. Et pour avancer dans ce sens, les territoires peuvent s’appuyer sur des méthodes de gestion forestière favorisant la diversité des essences et des âges, mais aussi des structures de peuplement. La régénération naturelle des espèces est un autre levier précieux, lorsque les conditions le permettent.  

Préserver l’eau, un enjeu majeur pour les forêts

Également déterminante pour sa résilience, la capacité d’une forêt à conserver et à utiliser efficacement l’eau est primordiale.

Le choix de prioriser la préservation des sols, des zones humides et des milieux associés aux cours d’eau peut effectivement contribuer à maintenir les fonctions hydrologiques des écosystèmes forestiers. Ces décisions de préservation, portées par les territoires, incarnent chacune à leur manière des solutions pour épargner la forêt de périodes de “stress hydrique”.

Gérer la densité des peuplements des forêts constitue aussi un levier à considérer pour réduire la compétition entre les arbres face à la ressource en eau. Bien sûr, ces pratiques doivent s’adapter aux caractéristiques de chaque forêt, à sa composition et à la structure de son peuplement qui conditionnent sa réponse aux épisodes de sécheresse.

De la gestion durable des forêts aux solutions fondées sur la nature

Nous l’évoquions, pour accéder à une gestion durable des forêts, les territoires doivent miser sur la diversification des essences, sur la régénération naturelle des peuplements ou encore sur la sylviculture irrégulière.

D’autres méthodes ont aussi toutes leur place pour répondre à cet objectif, comme celles liées au maintien du bois mort et à la préservation des vieux arbres, mais aussi celles qui s’intéressent à ce qui se passe à l’orée des forêts : restauration des haies ou lisières forestières, création de continuités écologiques, de bandes boisées ou de corridors entre plusieurs massifs, limitation des coupes rases...

Face à tous ces défis, les territoires ont souvent l’opportunité de partir des ressources qu’offrent les forêts elles-même, pour mieux les protéger ! De nombreuses solutions fondées sur la nature recensées en 2025 par le Ministère de la Transition écologique concernent la forêt, en association avec d’autres risques climatiques et notamment les inondations.

Il s’agit par exemple de réhabilitation de bassins versants dans des massifs forestiers, de gestion de forêts alluviales, de végétalisation de plages ou de falaises, de préservation de zones humides en forêt, de reconnexion de mangrove à la mer ou encore de reméandrage de cours d’eau passant en pleine forêt. [5]

>> Pour se protéger des risques climatiques, inondations ou feux de forêt, rendez-vous sur www.monclimatetmoi.fr 

Quelques illustrations concrètes des méthodes fondées sur la nature ?

En Lozère, l’ONF adapte sa gestion de la forêt de la Margeride, afin de favoriser les zones humides. Elle protège ainsi la fonction hydrologique de la forêt et contribue à sécuriser l’alimentation en eau potable des habitants et la production d’herbe pour les élevages. [6]

Dans l’Aube, le changement climatique provoque une augmentation des températures, davantage de crues et sécheresses et une diminution des cours d’eau, qui met en danger la forêt et impacte la santé des chênes. Les personnes dépendant de l’exploitation sylvicole peuvent voir leur activité professionnelle fragilisée. La solution fondée sur la nature retenue est le reméandrage du cours d’eau du Brévant et la suppression de fossés drainants, pour réduire le stress hydrique et anticiper le dépérissement forestier. [7]

En Bretagne, une solution fondée sur la nature vise à redonner au cours d’eau traversant la forêt du Mesnil, ses méandres d’origine pour améliorer les fonctionnalités hydrauliques de la forêt. En agissant sur le cours d’eau, on protège la forêt autant que les habitants, moins à risque d’inondations par les crues, et bénéficiant d’une eau auto-épurée. [8] 

Feux de forêt : la gestion des peuplements forestiers, levier de prévention des incendies pour agir sur la continuité de la végétation combustible.

La diversité des essences participe à la résilience des forêts mais ne suffit pas à réduire le risque d’incendie. L’état hydrique de la végétation et la sécheresse, mais aussi le vent, les aménagements et les pratiques sylvicoles locales et alentour jouent également un rôle.

La gestion du sous-bois et certaines interventions sur les peuplements peuvent notamment limiter la continuité des combustibles et ralentir la propagation du feu. L’objectif ? Rendre les forêts moins vulnérables aux perturbations climatiques, et préserver leurs fonctions écologiques. 

La protection des forêts est l’affaire de tous

Si la gestion durable des forêts permet de les préserver, et les solutions fondées sur la nature de prévenir les risques climatiques pesant sur les ressources forestières et hydriques associées, la protection des massifs forestiers reste l’affaire de tous !

Les particuliers doivent veiller à ne pas avoir de comportements à risque pouvant provoquer des incendies (mégots de cigarette mal écrasés ou jetés dans la nature, barbecue près de la végétation, produits inflammables mal stockés).

Plus globalement, les particuliers mais aussi les entreprises et les collectivités ont l’obligation de débroussailler et de bien entretenir les constructions, en particulier les installations collectives comme les chantiers ou les campings.

>> Pour en savoir plus sur la gestion des risques climatiques en TPE/PME, toute l’information sur www.monentrepriseetmoi.fr

Une prévention globale des risques de toute nature reste la meilleure protection pour les forêts, leurs habitants et les personnes qui dépendent de la forêt pour vivre. 

Sources