Cybersécurité : FantomApp, l’appli de la CNIL qui protège les ados sur les réseaux sociaux

La CNIL vient de mettre à disposition des 10-15 ans une application destinée à protéger leurs données personnelles. Présentation…

Cybersécurité : FantomApp, l’appli de la CNIL qui protège les ados sur les réseaux sociaux

La CNIL vient de mettre à disposition des 10-15 ans une application destinée à protéger leurs données personnelles. Présentation…

Cibles faciles et privilégiées des cybercriminels, les adolescents sont particulièrement vulnérables sur Internet et les réseaux sociaux, où ils font l’objet de nombreux vols de données personnelles. La CNIL leur vient en aide à travers l’application FantomApp, accessible gratuitement.

Cybersécurité des ados : FantomApp, la réponse de la CNIL face aux vols de données

Conçue pour et par des ados (lire ci-dessous), l’application FantomApp de la CNIL marque un tournant dans la lutte contre la cybercriminalité. Destinée aux 10-15 ans, une population particulièrement vulnérable en ligne, FantomApp accompagne les jeunes vers une utilisation plus sûre des écrans et des réseaux sociaux. [1]

Cette nouvelle ressource accessible gratuitement propose trois fonctionnalités principales, à savoir :

  • Des informations et des contacts pour faire face à différents types de cyberattaques tels que le cyberharcèlement, le vol de données, les arnaques, ou encore le chantage sexuel ;
  • Des outils permettant de sécuriser leurs pratiques en floutant les photos, en testant les mots de passe et les pseudonymes ;
  • Des tutos dédiés à la sécurisation des comptes.

Un formulaire permettant de déposer une plainte à la CNIL en cas de non-respect des droits des mineurs complète les moyens déployés par l’application.

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La CNIL, qu’est-ce que c’est ?

La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) accompagne professionnels et particuliers dans la gestion des données personnelles dont elle est le régulateur. La CNIL endosse différentes missions parmi lesquelles le fait d’informer sur la protection des droits, d’accompagner la mise en conformité avec le RGPD des organismes privés et publics, de contrôler les pratiques et de prononcer des sanctions le cas échéant. [3]

Pourquoi il est nécessaire de protéger les ados sur les réseaux sociaux ?

D’après une enquête publiée en septembre 2025 par l’ARCOM, l’utilisation des réseaux sociaux concerne des usagers de plus en plus jeunes [2], malgré l’interdiction aux moins de 13 ans en vigueur en France.

22% des enfants de 11 ans déclarent avoir utilisé les réseaux pour la première fois avant leur dixième anniversaire. Toujours selon cette étude, l’âge moyen d’utilisation des plateformes vidéo est de 11,2 ans. Il est de 12,3 ans pour les réseaux sociaux.

L’ARCOM détaille les risques auxquels sont confrontés les ados en ligne et les classes selon le niveau d’exposition, de la façon suivante :

  • L’hyperconnexion (88%) ;
  • L’exposition à des contenus choquants (77%) ;
  • Les défis dangereux (56%) ;
  • Le cyberharcèlement (35%) ;
  • Le contact avec des adultes mal intentionnés (32%) ;
  • Les arnaques (31%).
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Le saviez-vous ?

Selon la CNIL, près de 80% des moins de 11 ans ont accès à un téléphone portable. [4]

FantomApp : une démarche collaborative

Afin de mettre au point son application, la CNIL a interrogé en 2024, 130 collégiens et 600 parents sur les usages numériques des adolescents.[5] Les enseignements de cette grande enquête ont servi de base à l’élaboration de FantomApp, intégrant les besoins exprimés par les jeunes interrogés dans le cadre de l’étude.

Menée par le Laboratoire d’innovation numérique de la CNIL (LINC) et la mission d’éducation au numérique de la CNIL, cette enquête a permis de mieux comprendre la perception de l’intimité en ligne par les adolescents, ainsi que les problématiques liées à l’accompagnement parental.

Les réponses apportées aux enquêteurs font notamment état d’un rapport paradoxal à la protection de la vie privée avec, d’un côté, un besoin de reconnaissance et de lien social apporté par le numérique et, de l’autre, une grande appréhension des risques de harcèlement, d’extorsion…

Conforté par une démarche de dialogue et d’échange avec la communauté scientifique, ce travail évoque aussi l’impact des inégalités sociales (liées au genre, à la classe…) dans la pratique du numérique et dans l’accompagnement des parents.

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Quelles sont les fonctionnalités de FantomApp ?

Intuitive et simple d’utilisation, l’appli donne accès à des conseils pratiques et à des contacts de confiance institutionnels ou associatifs en fonction des problèmes rencontrés.

Effacer un contenu, faire face à un piratage ou à du cyberharcèlement, réagir à une usurpation d’identité ou à du chantage sexuel ou encore se défendre en cas d’arnaque… Les ados trouveront des réponses à leurs questions et les bonnes pratiques à adopter.

Ils ont également accès à des outils pour renforcer la sécurité de leurs comptes en ligne, afin de tester leur mot de passe, flouter et pixéliser leur photo de profil et tester leur visibilité.

Tik Tok, Instagram, Snapchat, X, WhatsApp… Ils peuvent accéder à des tutoriels leur permettant de gérer leurs paramètres de sécurité et de confidentialité sur chaque réseau. Les jeunes usagers peuvent ainsi protéger leurs données personnelles en contrôlant les fonctions suivantes (et bien d’autres) :

  • Désactiver la géolocalisation ;
  • Mettre leur compte en mode privé ;
  • Opter pour la double authentification ;
  • Sélectionner leurs interlocuteurs ;
  • Masquer les contenus choquants ;
  • Masquer le nombre de « likes ».

>>Lisez notre article sur le droit à une scolarité sans harcèlement

Données collectées : FantomApp montre l’exemple !

Aucune donnée sur la navigation dans l’application n’est collectée par FantomApp. Les seules informations enregistrées par l’application concernent l’adresse IP et le type d’appareil utilisé, uniquement lors du téléchargement et de l’ouverture.

Où trouver et télécharger l’application ?

Conçue pour être utilisée sur mobile (« mobile first »), FantomApp est disponible gratuitement sur les magasins d’application App Store et Google Play, ou directement depuis sa version web, à l’adresse suivante : fantomapp.fr.

Financée par l’Union Européenne, FantomApp a vocation à être traduite et adaptée dans d’autres pays de l’UE !

Sources