Son inhalation par de nombreux conducteurs représente un enjeu de sécurité routière car la consommation de protoxyde d’azote peut être à l’origine d’accidents graves de la route. La Sécurité routière lance une nouvelle campagne, baptisée « Du rire aux drames » afin d’alerter sur les risques du protoxyde d’azote en conduisant. [1]
>> Pour en savoir plus sur cette campagne, rendez-vous sur le site de la Sécurité routière
Parce que sa consommation a émergé depuis quelques années seulement, ce produit reste encore mal connu. S’il est généralement identifié sous le nom de « proto » ou de gaz hilarant, le protoxyde d’azote est un gaz vendu sous forme de cartouches ou de bonbonnes pour un usage culinaire ou médical.
Lorsqu’il est détourné de sa fonction première, ce gaz est récupéré et placé dans un ballon de baudruche avant d’être inhalé, à des fins « festives ».
Certains symptômes a priori peu graves et temporaires accompagnent les effets hilarants du gaz (nausées, maux de tête, acouphènes), mais il est important de rappeler que sa consommation peut également présenter des risques graves, allant jusqu’au décès.
Parmi les comportements à risques en lien avec ce gaz ? La consommation du protoxyde d’azote avant de conduire, ou sur la route.
>> Consultez notre article dédié pour en savoir plus à propos du protoxyde d’azote.
Réputé sans danger, le protoxyde d’azote tue pourtant sur les routes de France. En effet, l’inhalation de cette substance psychoactive avant de conduire peut être à l’origine d’accidents graves, en lien avec les conséquences sur la santé du conducteur qui le consomme. Ces effets restent trop souvent méconnus ou ignorés des consommateurs, et c’est précisément ce que souhaite mettre en avant la Sécurité routière à travers des spots TV et sur Internet.
Pour résumer, précisons que l’inhalation de protoxyde d’azote rend la conduite impossible, et ce, jusqu’à 45 minutes après consommation. Quelques détails sur les risques à chaque étape, dans les secondes et les minutes qui suivent…
- 10 à 30 secondes après l’inhalation, le protoxyde d’azote peut entraîner une perte de contrôle totale du véhicule. Elle est liée à l’altération de l’état de conscience, avec des risques de sortie de route, de choc, voire même de rouler à l’envers ;
- Une à cinq minutes après sa consommation, ce sont les vertiges et pertes d’équilibre qui rendent la conduite dangereuse ;
- Jusqu’à 45 minutes après la consommation, le conducteur n’a pas retrouvé sa lucidité, et peut expérimenter des trous noirs, des distorsions visuelles, des problèmes de coordination et une difficulté de jugement, à l’origine d’accidents. [2]
Le 21e baromètre du comportement des Français sur la route montre que l’usage de stupéfiants au volant est en augmentation, en particulier chez les jeunes qui sont 12% à déclarer avoir déjà conduit sous stupéfiants, dont 9% sous protoxyde d’azote.
Consommé essentiellement par les 18-24 ans à 61%, ce gaz présente un risque aggravé chez les jeunes conducteurs. [2] En effet, le protoxyde d’azote abaisse le seuil de vigilance [3] et sa consommation a donc des effets concrets sur la conduite [2, 3, 4] :
- altération motrice (contrôle du volant, coordination, désorientation, pertes de réflexes) ;
- mauvaise perception des vitesses et distances ;
- jugement altéré (impulsivité, mémoire, capacité d’anticipation) ;
- distorsion visuelle ;
- absences et pertes de conscience.
Même sur une courte durée, conduire sous protoxyde d’azote met en danger mortel le conducteur, ses passagers et tous les usagers de la route à proximité. [4]
>> Pour en savoir plus sur les risques liés à la conduite sous stupéfiants, c’est ici.
Parce que sa banalisation lui fait jouer un rôle malheureusement considérable parmi les risques courants chez les jeunes, un projet de loi devrait aboutir à l’automne 2026, pour encadrer sa vente, et interdire sa consommation.
D’autres pays européens l’ont déjà prohibé, comme les Pays-Bas et l’Angleterre.
A terme, conduire sous l’emprise de protoxyde d’azote pourrait être passible de trois ans de prison et 9 000 euros d’amende. [2] De quoi conscientiser les jeunes conducteurs et décourager cette pratique dangereuse.
La prise de protoxyde d’azote présente des risques allant au-delà de ses usages au volant. [4] Il est important de noter que le nombre d’accidents graves liés à sa consommation ne cesse d’augmenter, ainsi que les risques à long terme associés à une consommation quotidienne, y compris chez les mineurs : paralysies des membres, troubles cognitifs et psychiatriques, atteintes cardiovasculaires et neurologiques. [4, 5]
>> Lire notre guide et consulter nos podcasts contre les addictions, en particulier chez les jeunes.
De plus, la consommation de cartouches métalliques et ballons associés à l’utilisation de protoxyde d’azote est source de pollutions, et donc d’augmentation des risques climatiques.
Une interdépendance des risques santé – climat – route sur laquelle AXA Prévention s’engage à travers la promotion de la santé environnementale !
Chez les jeunes, la consommation du protoxyde d’azote est souvent liée à des logiques de groupe (expérience collective, imitation, intégration sociale), ce qui rend les messages de prévention classiques souvent moins efficaces.
Au-delà des risques pour la santé, le protoxyde d’azote constitue aujourd’hui un enjeu majeur chez les jeunes conducteurs car ses effets provoquent de plus en plus d’accidents graves voire mortels sur nos routes.
Pour sensibiliser justement autrement les 15-30 ans, l'Association Antoine Alléno & Skyrock lancent Dérap'Pas, un dispositif inédit qui s'appuie sur la culture rap pour faire passer des messages de responsabilité, de vigilance et de protection des autres.
AXA Prévention soutient ce dispositif par le biais d’un partage de données historiques avec son baromètre sur les comportements routiers pour aider à la construction de ces messages en musique.
L'idée est simple : transformer la prévention en expérience artistique. À travers une tournée nationale qui débutera à Paris le 17 juin, Lille le 18 juin et Rennes le 20 juin, les participants pourront prendre part à des ateliers d'écriture, des sessions freestyle, des enregistrements dans un studio mobile inspiré de l'univers de Planète Rap, avant de se produire lors d'un open mic ouvert au public. Ici, les jeunes ne sont pas seulement spectateurs : ils deviennent eux-mêmes les porte-voix du message.
[1] Site de la Sécurité routière
https://www.securite-routiere.gouv.fr/protoxyde-dazote-passe-vite-du-rire-aux-drames
[2] Site de la Sécurité routière
https://www.securite-routiere.gouv.fr/danger-mortel-du-protoxyde-dazote-au-volant
[3] Site Drogues Info Service
[4] Site d’information du gouvernement
https://www.info.gouv.fr/actualite/protoxyde-d-azote-quels-dangers-et-que-dit-la-loi
[5] Site Parlons Proto

